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responsabilités et les droits de chacun à tous les niveaux est indispensable pour que l’économie
verte soit efficace.
L’économie, si elle se veut verte, doit prioritairement viser à combattre les différentes dynamiques
de dépossession des populations dépendant directement de la forêt et en permettant la
préservation des savoirs et savoir-faire uniques dont ces populations restent les derniers
dépositaires.
Au terme de l’exercice, les travaux présentés dans ce livre permettent de postuler que la
rencontre de ces objectifs par l’économie verte repose sur plusieurs conditions :
L’intégration des forêts dans les priorités nationales se traduisant par la formulation et la
mise en œuvre effective de politiques publiques et d’un cadre institutionnel encourageant
une gestion durable et équitable. Cette gestion devra être basée sur des données
scientifiques et vernaculaires pertinentes et sur une planification rigoureuse des actions
tenant bien compte des différents niveaux de responsabilité selon le principe de
subsidiarité;
La reconnaissance des droits et le renforcement des capacités des populations vivant
directement des forêts pour qu’elles puissent prendre part à un dialogue et à des actions
conjointes multi-acteurs et multisectoriels dans la conduite de ces processus visant la
sécurité économique et physique des populations et la possibilité de l’exercice de leur
libre arbitre dans une cogestion des territoires forestiers;
La prise en considération, dans la planification budgétaire, des activités nécessaires à
une gestion cohérente et équitable des multiples ressources issues de la forêt incluant
l’éducation, la formation et l’application des lois et règlements;
La prise en considération, dans les processus visés, de toutes les formes de forêt en ne
se limitant pas aux définitions dominantes (essentiellement attachées à la production
ligneuse), notamment en intégrant des formations arborées de type agroforestier et agro-
sylvo-pastorales;
La nécessité de revoir les valeurs qui fondent les échanges commerciaux en privilégiant
l’équilibre écologique à long terme et l’équité intra et intergénérationnelle par rapport aux
bénéfices multiples escomptés de forêts en santé par le paiement pour services
environnementaux suffisamment élevés pour inciter la protection des forêts;
Une réorientation de la recherche, en particulier agronomique et forestière, en visant
l’acquisition de connaissances quant à l’état des forêts, aux multiples services rendus par
la forêt et à l’optimisation de ceux-ci.
Les humains et les forêts entretiennent depuis l’origine une relation complexe et riche. Même
dans la modernité, la forêt est notre ultime refuge, mais nos décisions présentes remettent en
question la capacité des générations qui viennent de continuer de profiter de cette assurance.