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En complément des stratégies nationales, les régions et les L’école territorialiste italienne est fondée sur deux outils
villes ont un rôle important à jouer. La planification régio- cognitifs : la « conscience du lieu » et la « biorégion urbaine ».
nale du territoire, telle que l’identification d’une trame Le premier permet d’identifier les liens historiques,
verte et bleue par la Communauté métropolitaine de c ulturels et économiques de la ville avec le territoire et le
Québec8, est importante pour préserver et valoriser les deuxième amène une conception du territoire comme
milieux naturels. Les villes peuvent, quant à elles, évaluer étant une correspondance entre des formes physiques et
localement et suivre l’évolution de la biodiversité urbaine des modèles culturels. Cette approche permet de dépasser
en mettant en place des indicateurs qui touchent les la vision sectorielle pour concevoir des actions fondées sur
ODD 15 et 119. Pour identifier l’état de la biodiversité les relations symbiotiques entre le milieu naturel, le milieu
d’une ville, le diagnostic gagne à s’appuyer sur des études bâti et le milieu humain, permettant de faire face aux défis
écologiques (géologie, biologie, géographie) du territoire, environnementaux actuels11.
ainsi que sur les outils de planification, d’aménagement
du territoire et de gestion des milieux naturels. Le dia- Dans le cas du coteau Sainte-Geneviève, la « conscience
gnostic peut inclure tant les initiatives institutionnelles du lieu » a évolué tout au long de l’histoire de la ville de
réalisées par les villes et les organisations, que les initiatives Québec. D’abord perçu comme un obstacle physique
citoyennes qui témoignent de la mobilisation des habitants à franchir, véritable barrière entre la « haute-ville » et
envers la préservation de la biodiversité. Il existe de nom- la « basse-v ille » et utilisé souvent comme dépotoir, le
breux outils comme l’index de biodiversité urbaine ou coteau est désormais reconnu comme un « milieu naturel
d’autres cadres d’indicateurs comme ceux développés d’intérêt »12. Véritable coulée verte au cœur de la ville de
localement pour les villes québécoises qui permettent Québec, il permet de connecter les réseaux de transport
d’évaluer l’état de la biodiversité. actif et collectif et les trames bleues, vertes et blanches
du territoire.
À la fin de cette étape de diagnostic, on constate que c’est
précisément à l’échelle locale qu’il est plus facile d’établir La compréhension de la biodiversité comme vecteur de
le lien entre la biodiversité urbaine et le développement la relation entre l’humain et la nature et ce, à travers ses
durable. En zone urbaine, les services rendus par les éco- dimensions, physique, culturelle et de santé, a permis aux
systèmes et la biodiversité sont appréciés en termes d’amé- participants de faire émerger une vision unifiée du coteau
lioration de la qualité de l’air, filtration des eaux, rétention dans l’esprit d’une « biorégion urbaine ». Dans le contexte
des sols, lutte contre les îlots de chaleur et contribution à de l’élaboration du cadre d’action post-2020 pour la bio-
la santé et au bien-être en général. C’est également à diversité de la CDB, les participants ont eu l’opportu-
l’échelle de la ville et du quartier que les citoyens ont une nité de saisir l’importance que les villes occupent dans le
emprise concrète sur le milieu et peuvent percevoir d’une p artage de bonnes pratiques et la mise en valeur de la
manière tangible les changements globaux. biodiversité en milieu urbain.
Comment les villes et les collectivités Le territoire comme laboratoire
locales peuvent contribuer à vivant : un outil pour se réapproprier
la protection de la biodiversité la biodiversité locale
La deuxième phase de « mobilisation » s’est réalisée durant La dernière phase d’« idéation » s’est déroulée durant l’École
le colloque annuel10. Les participants ont pu se familiari- d’été. Elle visait à développer une vision durable de la
ser avec une école de pensée qui permet de concevoir la biodiversité urbaine en proposant des actions et des inter-
ville dans son territoire comme un sujet vivant, en plus ventions structurantes sur le coteau Sainte-Geneviève.
de travailler sur des pistes d’action dégagées pendant le L’École d’été a pris la forme d’un laboratoire vivant
diagnostic pour faire émerger une vision unifiée du coteau construit autour d’ateliers de réflexion, de co-création et
Sainte-Geneviève. d’outils de contextualisation créatifs.
8. Planification de la Trame verte et bleue métropolitaine https:// Tout d’abord, les participants ont parcouru trois segments
cmquebec.qc.ca/trame-verte-et-bleue/ du coteau pour explorer les lieux et rencontrer des citoyens
en compagnie d’experts afin de s’approprier les enjeux
9. Voir le graphique « Synergies avec la biodiversité urbaine » préalablement documentés. Suite aux différents ateliers,
10. Pour plus de détails sur le colloque annuel, consulter le rapport
11. Magnaghi, 2003
https://www.ihqeds.ulaval.ca/evenements/colloque-annuel- 12. Ville de Québec, 2005
eds/colloque-annuel-eds-2019/
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