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autochtones (CIB, 2007(a); CADHP et IWGIA, 2005)
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« Pygmées »
Bangombe
et
Mbendzele
à
l’identification et à la protection de leurs usages des ressources forestières et fauniques dans
l’aménagement et la gestion de l’UFA Kabo. Les populations « Pygmées »
Bangombe
et
Mbendzele
riveraines de l’UFA Kabo sont responsabilisées dans le processus d’identification et
de cartographie des mises en valeur et des usages de l’espace et des ressources forestières et
fauniques. Les résultats obtenus ont été pris en compte dans le plan d’aménagement de l’UFA
Kabo. Ce plan protège et sécurise, à moyen et à long terme, les droits d’usage coutumiers des
populations
Bangombe
et
Mbenzele
.
Pour les populations autochtones
Mbenzélé
et
Bangombé
, l’utilisation des ressources forestières
et fauniques et la protection des sites cultuels et culturels constituent la base de leur existence,
du maintien et de la reproduction de leur mode de vie et de leur culture. Ces populations ont un
attachement fort aux territoires ancestraux et aux ressources naturelles de leur milieu. La forêt et
ses ressources sont une composante fondamentale de leur vie sociale et culturelle. Elle est à la
fois le milieu et leur source de vie. Elle n’est pas seulement un milieu physique, mais aussi et
surtout un lieu social et symbolique. Dans les contes et les légendes, la forêt tient une grande
place. Ici, les animaux constituent des héros et moralistes de la population. Il existe une sorte de
mythologie forestière (OBAM A., 1992).
En somme, la forêt est un milieu de culture et de vie sociale. Elle est utile à la formation de l’être
et de la personnalité des populations semi-nomades. Elle leur donne tout : elle nourrit, soigne,
habille et protège. Elle est leur principale mamelle nourricière. C’est dans la forêt et l’exploitation
de la forêt que ces populations prélèvent l’essentiel de leurs ressources alimentaires et
commerciales. Les activités de production économique découlent de l’exploitation de la forêt : la
chasse, la cueillette, la pêche, l’agriculture. L’importance économique de la forêt est encore plus
ressentie par les guérisseurs traditionnels qui utilisent de nombreuses espèces végétales pour
leurs vertus curatives. Pour eux, tout comme pour les autres populations, l’exploitation de la forêt
procure des revenus financiers. Enfin, elle constitue le lieu par excellence d’exercice des cultes et
des rites traditionnels.
Espace humanisé, la forêt se présente à la fois comme le support des activités matérielles et
spirituelles. Support des activités spirituelles, la forêt est le trait d’union entre les vivants et les
morts, le berceau des forces naturelles bienfaisantes et maléfiques. C’est le terrain par
excellence d’expression de la vie culturelle et des référentiels existentiels des groupes humains
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Le concept de populations autochtones est utilisé ici au sens qui en a été donné par le Groupe de travail
de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples sur les Populations/Communautés
Autochtones, à savoir, que ce sont les populations dont la culture et le mode de vie diffèrent
considérablement de ceux de la société dominante, dont la culture est menacée et la survie du mode
d’existence dépend directement de l’accès et des droits liés à leur territoire traditionnel et aux ressources
naturelles qui s’y trouvent. Elles souffrent de discrimination et de marginalisation. Cette définition, adaptée
au contexte africain, met un accent particulier sur le principe d’auto-identification, le lien aux terres et aux
ressources naturelles, la domination, la discrimination et la marginalisation; et relativise le critère de
l’aboriginalité qui valorise l’antériorité de l’installation sur un territoire.