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Crédit photo : Bamogo Saidou, ONG/APIL et mixtes, par quartiers, les communautés se sont concer -



tées sur la nature et le calendrier des travaux de récupé-
ration à conduire. Des groupes de femmes ont travaillé
en synergie avec les hommes à tour de rôle dans les champs
collectifs et les champs individuels des femmes, des
hommes et des jeunes, pour restaurer davantage de terres.

au moins 175 hectares de terres ont été restaurés dans
chaque village au cours des deux dernières années.
Une femme du village de Sidogo, nous présentant son lopin de terres Demi-lune, cordons pierreux et Zaï ont été construits, et
qui lui a été donné par son mari pour sa production personnelle.
vers une autonomisation des femmes
la Sécurité Alimentaire, l’ONG cible 1000 personnes, Au-delà des pratiques environnementales, les femmes ont
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dont 400 femmes, et vise à élever les femmes au rang de bénéficié de formations ayant trait au développement
parties prenantes conscientes et engagées dans leur com- personnel et ont été initiées au fonctionnement général
munauté pour une agriculture et des modes de vie res- des organisations, autant de thèmes qui leur permettent
pectueux de l’environnement. de renforcer leur participation à la prise de décision et au

Plaidoyer pour l’attribution de terres développement agro-environnemental. Ces actions ont
été appuyées par des actions de sensibilisation, destinées
aux femmes aux hommes, liées à l’importance de la présence des

femmes dans les instances décisionnelles des groupements
Bien que les dispositions de la Réorganisation Agraire et et organisations paysannes, la distribution équitable des
Foncière au Burkina Faso de 2009 ouvrent l’accès à la tâches au sein de la famille et au sein de ces instances.
terre pour tous, le droit coutumier foncier exclut la femme
dans de nombreuses localités. Mais dans les villages de
Sidogo, Tanwoko et Ramiougou, la cause des femmes a C’est aux femmes de se battre pour améliorer
été plaidée auprès des chefs coutumiers afin de leur accor - «
les terres dégradées et peu productives.
der des terres pour leur permettre de contribuer à leur Si elles gagnent, leurs familles en profitent.
restauration et les rendre à nouveau productives. Des Pendant la saison sèche, nous nous concertons
parcelles ont été mises à la disposition des femmes. Elles avec les hommes et choisissons des temps de
ont aussi été initiées au même titre que les hommes aux travail collectif de restauration des clairières
techniques de conservation des eaux et sols et bénéficient car plus il y aura de terres, plus les femmes
de formations. Bien que parfois très dénudées et dégradées, pourront en bénéficier. »
et ne pouvant apparemment pas garantir une produc-
tion agricole conséquente, ces terres ont été transformées Mariam Bamogo, Village de Tanwoko.
par les femmes en de véritables espaces de production à
fort rendement.

récupération des terres : un vrai
engouement communautaire est né

Au regard du succès des femmes, les anciens, les hommes
et les jeunes se mobilisent avec elles pour la restauration
des terres. Organisées en groupements paysans féminins


3. IMSA (2015 - 2020) financé par l’œuvre Léger (Canada), Crédit photo : Bamogo Saidou, ONG/APIL
intervient dans les régions du Plateau Central (province de
l’Oubritenga) et du Centre Nord (province du Sanmatenga).
Il cible 1000 productrices et producteurs répartis dans 5 com-
munes (Ziniaré et Absouya dans l’Oubritenga et Pissila, Kaya
et Boussouma dans le Sanmatenga) et 16 villages. Les bénéfi-
ciaires font partie de 16 Organisations Paysannes des 16 villages.
Sur les 1000 bénéficiaires, 200 sont choisis chaque année parmi Les femmes du village de Sidogo confectionnant des demi-lunes
lesquels 120 hommes et 80 femmes.) dans un champ dans le village de Sidogo.
Désertification et système terre, de la (re)connaissance à l’action 101
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