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dégradation des terres et pauvreté
Des liens complexes
isabelle droY
isabelle droy, titulaire d’un doctorat en
Économie du développement, est Chargée Analyser les liens entre la dégradation des terres et la pauvreté nécessite une approche
de recherche à l’ird, au sein de l’unité qui prenne en compte la complexité des situations, afin d’éviter les lieux communs et
mixte internationale résiliences (umi 236,
ird-CireS abidjan). Ses thèmes principaux les raccourcis rapides. Les questions soulevées par cette thématique peuvent être rassem -
de recherche portent sur la vulnérabilité et blées en deux groupes :
la résilience des sociétés rurales dans un
contexte d’incertitudes et de chocs écono- • on le sait, la dégradation des terres est, dans la plupart des cas, provoquée par des
miques et/ou climatiques, en afrique de activités humaines conjuguées à des facteurs environnementaux enclenchant des
l’ouest et à m adagascar, avec une attention dynamiques négatives. Quels sont alors les changements démographiques, socio-
particulière sur l’analyse des inégalités de économiques ou environnementaux qui enclenchent ces dynamiques régressives ?
genre sur la vulnérabilité des femmes. elle
mène aussi des recherches méthodologiques • Comment la dégradation des terres affecte-t-elle particulièrement les populations
sur les observatoires socio- économiques pauvres et aggrave-t-elle les inégalités ? Et, au-delà de cette catégorie très englobante
avec le montage d’observatoires ruraux à
madagascar et en Guinée. des « pauvres », y-a-t-il des groupes plus exposés selon leur statut, leur genre, leur
âge et leur type de moyens d’existence ?
La pauvreté dans les zones arides,
des réalités multiples
Les définitions et mesures de la pauvreté sont diverses et difficilement réduc -
tibles à la pauvreté monétaire qui reste cependant l’indicateur le plus utilisé.
Selon cette mesure, le seuil de pauvreté se situe à 1,90 $/jour/personne en
parité de pouvoir d’achat. Cet indicateur a l’avantage de permettre des com -
paraisons internationales et d’avoir un repère chiffré pour la réalisation des
Objectifs du développement durable, dont le premier pour 2030 est d’élimi -
ner l’extrême pauvreté (dont le seuil est de 1,25 $/jour). Cet indicateur moné -
taire ne doit pas masquer que la pauvreté se manifeste sous de nombreuses
formes, notamment la faim, la malnutrition, des conditions de vie difficiles
ou encore le sentiment d’exclusion et le non-respect des droits humains. Les
aspects qualitatifs et multidimensionnels de la pauvreté ont d’ailleurs fait
l’objet de nombreuses recherches ces dernières années, permettant l’élabora -
tion de différents indicateurs composites, dont le plus connu est l’indicateur
1
de développement humain (IDH). L’enjeu est d’importance, puisque 90 %
de la population vivant dans les zones sèches est originaire de pays à déve-
loppement humain moyen ou faible, essentiellement localisés en Afrique et
en Asie (UNDP, 2017). Et, malgré l’urbanisation et la diversification des
activités, une majorité de la population dépend directement de l’état de
l’écosystème et de leur capital naturel (sols, eau, biodiversité) pour ses moyens
d’existence.
isabelle.droy@ird.fr
1. L’DH est un indice composite compris entre 0 et 1, regroupant l’espérance de vie à la
naissance, la durée de scolarisation et le revenu national brut par habitant.
70 liaison énergie-francophonie
Des liens complexes
isabelle droY
isabelle droy, titulaire d’un doctorat en
Économie du développement, est Chargée Analyser les liens entre la dégradation des terres et la pauvreté nécessite une approche
de recherche à l’ird, au sein de l’unité qui prenne en compte la complexité des situations, afin d’éviter les lieux communs et
mixte internationale résiliences (umi 236,
ird-CireS abidjan). Ses thèmes principaux les raccourcis rapides. Les questions soulevées par cette thématique peuvent être rassem -
de recherche portent sur la vulnérabilité et blées en deux groupes :
la résilience des sociétés rurales dans un
contexte d’incertitudes et de chocs écono- • on le sait, la dégradation des terres est, dans la plupart des cas, provoquée par des
miques et/ou climatiques, en afrique de activités humaines conjuguées à des facteurs environnementaux enclenchant des
l’ouest et à m adagascar, avec une attention dynamiques négatives. Quels sont alors les changements démographiques, socio-
particulière sur l’analyse des inégalités de économiques ou environnementaux qui enclenchent ces dynamiques régressives ?
genre sur la vulnérabilité des femmes. elle
mène aussi des recherches méthodologiques • Comment la dégradation des terres affecte-t-elle particulièrement les populations
sur les observatoires socio- économiques pauvres et aggrave-t-elle les inégalités ? Et, au-delà de cette catégorie très englobante
avec le montage d’observatoires ruraux à
madagascar et en Guinée. des « pauvres », y-a-t-il des groupes plus exposés selon leur statut, leur genre, leur
âge et leur type de moyens d’existence ?
La pauvreté dans les zones arides,
des réalités multiples
Les définitions et mesures de la pauvreté sont diverses et difficilement réduc -
tibles à la pauvreté monétaire qui reste cependant l’indicateur le plus utilisé.
Selon cette mesure, le seuil de pauvreté se situe à 1,90 $/jour/personne en
parité de pouvoir d’achat. Cet indicateur a l’avantage de permettre des com -
paraisons internationales et d’avoir un repère chiffré pour la réalisation des
Objectifs du développement durable, dont le premier pour 2030 est d’élimi -
ner l’extrême pauvreté (dont le seuil est de 1,25 $/jour). Cet indicateur moné -
taire ne doit pas masquer que la pauvreté se manifeste sous de nombreuses
formes, notamment la faim, la malnutrition, des conditions de vie difficiles
ou encore le sentiment d’exclusion et le non-respect des droits humains. Les
aspects qualitatifs et multidimensionnels de la pauvreté ont d’ailleurs fait
l’objet de nombreuses recherches ces dernières années, permettant l’élabora -
tion de différents indicateurs composites, dont le plus connu est l’indicateur
1
de développement humain (IDH). L’enjeu est d’importance, puisque 90 %
de la population vivant dans les zones sèches est originaire de pays à déve-
loppement humain moyen ou faible, essentiellement localisés en Afrique et
en Asie (UNDP, 2017). Et, malgré l’urbanisation et la diversification des
activités, une majorité de la population dépend directement de l’état de
l’écosystème et de leur capital naturel (sols, eau, biodiversité) pour ses moyens
d’existence.
isabelle.droy@ird.fr
1. L’DH est un indice composite compris entre 0 et 1, regroupant l’espérance de vie à la
naissance, la durée de scolarisation et le revenu national brut par habitant.
70 liaison énergie-francophonie

