Enseignements du premier bilan mondial et perspectives de réponses de la Francophonie
L’année 2023 revêt une importance cruciale pour l’action climatique, car les impacts dévastateurs du changement climatique, allant des inondations aux ouragans, continuent de peser sur la vie humaine et les économies mondiales. Beaucoup pays dotés de ressources limitées sont les plus vulnérables à ces événements. Malgré les efforts déployés jusqu’à présent, le réchauffement climatique dépasse les limites fixées par l’Accord de Paris.
La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), garante de l’accord de Paris sur le climat, exige que les pays fassent le point sur leurs progrès dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et dans la réalisation des objectifs climatiques. Chaque nation doit ainsi rendre des comptes sur ses actions et ses politiques en matière climatique.
C’est l’objet du premier bilan mondial, un processus débuté depuis 2021 et prévu s’achever lors de la 28e session de la Conférence des Parties (CdP-28) à la CCNUCC. Ce bilan mondial représente une opportunité cruciale de réévaluer notre trajectoire et d’intensifier l’action climatique à l’échelle mondiale. Il offre une évaluation approfondie des progrès dans la réduction des émissions, le renforcement de la résilience et l’obtention de financements pour faire face à la crise climatique.
Le rapport de synthèse de septembre 2023[1] souligne que des changements urgents sont nécessaires pour maintenir le réchauffement en dessous de 1,5 °C. Il met en évidence un « écart d’émissions » persistant, soulignant que les engagements actuels ne sont pas suffisants. Cependant, il propose également des pistes pour des transformations systémiques nécessaires, notamment l’abandon progressif des combustibles fossiles, le développement des énergies renouvelables, la transformation des systèmes alimentaires, la réduction rapide des émissions de transports ou encore l’augmentation des financements pour l’adaptation.
Cela démontre que si nous n’agissons pas plus vigoureusement avant le deuxième bilan mondial, prévu en 2028, nous pourrions assister à la réalité dévastatrice d’une hausse des températures mondiales au-delà de 1,5 °C. Pour répondre efficacement à la crise climatique, les gouvernements doivent s’engager à intensifier leurs actions. Les Contributions déterminées au niveau national (CDN) renforcées avec des objectifs climatiques ambitieux d’ici 2030 et 2035 sont essentielles.
Le Bilan mondial ne devra donc pas être un simple exercice d’échange d’informations. Il doit conduire à des engagements politiques concrets et à des actions transformationnelles.
Les conclusions du Bilan doivent orienter les politiques et les investissements, contribuant ainsi à des actions concrètes dans des secteurs cruciaux tels que l’énergie, la nature, l’alimentation et les transports.
Dans cette perspective, la programmation de l’OIF[2] pour les quatre prochaines années jouera un rôle important pour les pays francophones, notamment à travers le programme stratégique 3 « La langue française, vecteur de développement durable » dont voici certaines composantes :
- Le projet « Accompagnement des transformations structurelles en matière d’environnement et de climat » répond à ces besoins. Il vise pour les États et gouvernements francophones à :
- soutenir leurs efforts sur les questions environnementales et climatiques ;
- accroître leur rôle et leur influence dans la prise des décisions, au niveau mondial, sur le climat et l’environnement ;
- les accompagner afin de faciliter leur accès aux fonds dédiés au climat.
- Le projet « Soutien aux initiatives environnementales dans le Bassin du Congo » vise à :
- promouvoir les pratiques agricoles par une approche globale axée sur l’agriculture, l’eau, l’énergie et la biodiversité ;
- soutenir la mise en place, la promotion et la vulgarisation d’innovations, bonnes pratiques et solutions climatiques intégrées (eau, énergie, biodiversité), systémiques, transformatrices, adaptées aux conditions régionales et accessibles aux populations vulnérables ;
- promouvoir les opportunités climato-économiques intégrées en faveur de l’autonomisation et la résilience des femmes et des jeunes.
- Là où il faut noter que près 70 % des émissions de gaz à effet de serre du tourisme proviennent du transport, le projet de promotion du tourisme durable permet :
- d’offrir et développer des formations professionnelles axées sur les métiers du tourisme durable ;
- de créer des opportunités d’emploi locales et durables qui contribuent à la croissance économique et à la préservation des écosystèmes.
En conclusion, le Bilan mondial ne doit pas être simplement un constat des échecs, mais plutôt un catalyseur mondial vers un avenir durable, en ligne avec les aspirations de l’Accord de Paris.
Dans cette logique, l’IFDD abritera au sein du pavillon de la Francophonie pendant toute la CdP28 une série d’évènements[3] offrant des pistes de solutions.
Particulièrement, retrouvez le 9 décembre l’évènement de lancement de l’Atlas des compétences francophones dans l’énergie durable. Cet ouvrage représentera une étape cruciale dans la compréhension et la promotion de l’expertise au cœur de la Francophonie, offrant un aperçu approfondi des compétences et des ressources disponibles pour relever les défis liés au développement durable en général, et à la transition énergétique mondiale en particulier. [4]
[1] https://unfccc.int/sites/default/files/resource/sb2023_09F.pdf
[2] https://www.youtube.com/watch?v=_eqkKFCUOcM – https://www.francophonie.org/sites/default/files/2023-11/OIF_Programmation%202024-2027_Web.pdf
[3] https://epavillonclimatique.francophonie.org/programmations_evenements/2023
[4] https://epavillonclimatique.francophonie.org/programmation/433