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Enfin, il faut continuer les efforts pour pallier au manque Un retour sur les technologies traditionnelles, ayant été
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de synergie entre les chercheurs et les exploitants . Les délaissées et marginalisées par le passé, est aujourd’hui
services de vulgarisation devraient jouer, dans ce cadre, nécessaire pour compléter le travail d’inventaire et clas-
un rôle très important permettant de faciliter l’adoption, sification entamé par les diverses initiatives entreprises
l’adaptation des bonnes pratiques de GDT. Néanmoins, aussi bien à l’échelle des pays qu’à celle de la région.
au niveau des pays circum-sahariens, ces services sont de
plus en plus réduits, ne disposant pas des moyens humains, Pour assurer une meilleure mobilisation des moyens
financiers et techniques nécessaires pour une intervention humains et matériels, il est possible de i) promouvoir la
efficace. Il est aujourd’hui nécessaire de les relancer en recherche scientifique et l’innovation technique et tech-
appuyant leur action, qui dépend en premier lieu de nologique en rapport avec la GDT, ii) diffuser davantage
l’autonomisation des exploitants des terres, par le renfor - le savoir, sensibiliser des agriculteurs et autres usagers et
cement de leurs capacités, la gestion de leurs savoirs et vulgariser les pratiques pour les rendre plus accessibles et
la formation. opérationnelles, iii) adapter et améliorer des politiques et
législations permettant la conservation des terres, et iv)
Conclusion appuyer financièrement les diverses initiatives de GDT et
les populations (accès aux intrants).
Au niveau des pays circum-sahariens, la lutte contre la
dégradation des terres et la désertification représente un
enjeu important pour assurer la sécurité alimentaire et la
stabilité socio-économique. Les pratiques de Gestion
Durable des Terres durant les dernières années ont donné
des résultats satisfaisants en matière de LCD et de préser -
vation des ressources naturelles. Cependant, des efforts
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restent à faire, notamment pour créer un environnement
socio-économique favorable qui permette de protéger les
pratiques de GDT, les soutenir, les valoriser, les encourager
et les déployer sur de plus vastes régions.
mise en œuvre de la technique du « Zai » au Burkina Fasso :
l’expérience menée par Yacouba Sawadogo
Le Zai est l’une technique agricole très simple et peu En seulement 20 ans, il a transformé une zone com-
coûteuse de micro-captage de l’eau. Elle consiste à plètement stérile en une florissante forêt de 30 acres
creuser de petits trous dans le sol dur, lesquels sont par avec plus de 60 espèces d’arbres.
la suite remplis de compost où les graines sont plantées.
Les trous captent de l’eau pendant la saison des pluies, L’expérience de Sawadogo a connu un franc succès,
en vue de retenir l’humidité et les nutriments pendant malgré les critiques rencontrées au départ de la part des
la saison sèche. Suivant les règles du Zai, Yacouba autres agriculteurs, et a été largement diffusée et relan -
Sawadogo – dit « l’homme qui a arrêté le désert » a cée au niveau d’autres pays de la région à l’exemple du
apporté des innovations à cette technique, travaillant Niger.
la terre en saison sèche, contrairement à la pratique
traditionnelle.
7. Ibrahim NAHAL, Principes d’agriculture durable, ESTEM /
AUPELF, 1998.
8. OSS, Diagnostic and evaluation of the agricultural potentials
and examples of soils and water conservation (SWC) and soil
defence and restoration (SDR) good practices adapted to the
desert zones and the requirements fo their implementation, 2015.
Désertification et système terre, de la (re)connaissance à l’action 123
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de synergie entre les chercheurs et les exploitants . Les délaissées et marginalisées par le passé, est aujourd’hui
services de vulgarisation devraient jouer, dans ce cadre, nécessaire pour compléter le travail d’inventaire et clas-
un rôle très important permettant de faciliter l’adoption, sification entamé par les diverses initiatives entreprises
l’adaptation des bonnes pratiques de GDT. Néanmoins, aussi bien à l’échelle des pays qu’à celle de la région.
au niveau des pays circum-sahariens, ces services sont de
plus en plus réduits, ne disposant pas des moyens humains, Pour assurer une meilleure mobilisation des moyens
financiers et techniques nécessaires pour une intervention humains et matériels, il est possible de i) promouvoir la
efficace. Il est aujourd’hui nécessaire de les relancer en recherche scientifique et l’innovation technique et tech-
appuyant leur action, qui dépend en premier lieu de nologique en rapport avec la GDT, ii) diffuser davantage
l’autonomisation des exploitants des terres, par le renfor - le savoir, sensibiliser des agriculteurs et autres usagers et
cement de leurs capacités, la gestion de leurs savoirs et vulgariser les pratiques pour les rendre plus accessibles et
la formation. opérationnelles, iii) adapter et améliorer des politiques et
législations permettant la conservation des terres, et iv)
Conclusion appuyer financièrement les diverses initiatives de GDT et
les populations (accès aux intrants).
Au niveau des pays circum-sahariens, la lutte contre la
dégradation des terres et la désertification représente un
enjeu important pour assurer la sécurité alimentaire et la
stabilité socio-économique. Les pratiques de Gestion
Durable des Terres durant les dernières années ont donné
des résultats satisfaisants en matière de LCD et de préser -
vation des ressources naturelles. Cependant, des efforts
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restent à faire, notamment pour créer un environnement
socio-économique favorable qui permette de protéger les
pratiques de GDT, les soutenir, les valoriser, les encourager
et les déployer sur de plus vastes régions.
mise en œuvre de la technique du « Zai » au Burkina Fasso :
l’expérience menée par Yacouba Sawadogo
Le Zai est l’une technique agricole très simple et peu En seulement 20 ans, il a transformé une zone com-
coûteuse de micro-captage de l’eau. Elle consiste à plètement stérile en une florissante forêt de 30 acres
creuser de petits trous dans le sol dur, lesquels sont par avec plus de 60 espèces d’arbres.
la suite remplis de compost où les graines sont plantées.
Les trous captent de l’eau pendant la saison des pluies, L’expérience de Sawadogo a connu un franc succès,
en vue de retenir l’humidité et les nutriments pendant malgré les critiques rencontrées au départ de la part des
la saison sèche. Suivant les règles du Zai, Yacouba autres agriculteurs, et a été largement diffusée et relan -
Sawadogo – dit « l’homme qui a arrêté le désert » a cée au niveau d’autres pays de la région à l’exemple du
apporté des innovations à cette technique, travaillant Niger.
la terre en saison sèche, contrairement à la pratique
traditionnelle.
7. Ibrahim NAHAL, Principes d’agriculture durable, ESTEM /
AUPELF, 1998.
8. OSS, Diagnostic and evaluation of the agricultural potentials
and examples of soils and water conservation (SWC) and soil
defence and restoration (SDR) good practices adapted to the
desert zones and the requirements fo their implementation, 2015.
Désertification et système terre, de la (re)connaissance à l’action 123

