À Dakar, 52 acteurs nationaux transforment les défis climatiques en projets bancables
Dakar, 3 juillet 2026 — Pendant cinq jours intenses, la ville de Dakar a accueilli une formation pratique sur l’élaboration de projets d’adaptation au changement climatique. Organisée par l’IFDD en coopération avec la GIZ dans le cadre du projet PACO, cette rencontre a mobilisé 52 apprenants, dont 16 femmes, 36 hommes et 15 jeunes, venus partager une ambition commune : transformer des idées en propositions solides capables d’accéder aux financements internationaux.
Une pédagogie structurée et progressive
Les modules ont alterné exposés théoriques et exercices pratiques : du rappel des fondements de la finance climat et des mécanismes internationaux (FEM, FVC, Fonds d’adaptation) jusqu’à la construction du rationnel climatique, la théorie du changement et la structuration budgétaire. Les participants ont appris à démontrer la pertinence climatique d’un projet, à bâtir une logique d’impact et à traduire les ambitions en canevas financiers conformes aux standards du Fonds vert pour le climat.
« Un projet n’est pas financé parce qu’il est économiquement intéressant, mais parce qu’il démontre sa contribution directe à l’adaptation ou à l’atténuation », ont rappelé les formateurs.
Trois projets prioritaires
Au terme des travaux de groupe, trois projets emblématiques ont été retenus comme feuille de route pour la suite :
- Arboriculture résiliente : promouvoir des systèmes arboricoles innovants pour renforcer la résilience des ménages ruraux vulnérables. Ce projet associe restauration des terres, diversification des revenus et gouvernance locale.
- Protection côtière : une approche intégrée de résilience dans le delta du Saloum et la Casamance, combinant restauration des mangroves, infrastructures de protection et développement de moyens de subsistance durables.
- Agroécologie : « Racines de la résilience », un projet visant à promouvoir l’agroécologie pour l’adaptation et la sécurité alimentaire, en renforçant les pratiques durables et la souveraineté alimentaire des communautés.
Une dynamique collective pour transformer l’essai
Au-delà des contenus techniques, la formation a révélé une dynamique collective : les échanges sur les difficultés d’accès aux financements, la nécessité de renforcer la coordination institutionnelle et l’importance d’impliquer les collectivités territoriales et la société civile.
Une feuille de route a été adoptée : préparation de fiches techniques, élaboration des premiers drafts de notes conceptuelles, ateliers de validation et finalisation des documents pour soumission au FVC.
Une étape décisive
Cette formation de Dakar s’inscrit dans la continuité d’expériences pédagogiques similaires déjà menées dans d’autres contextes, mais elle marque une étape décisive pour l’Afrique de l’Ouest . Elle illustre la volonté de bâtir des projets structurants, capables de répondre aux urgences climatiques tout en catalysant un changement de paradigme vers un développement résilient et durable. Les 52 participants repartent avec des compétences renforcées et une mission claire : transformer des idées en projets bancables et ambitieux pour le Sénégal.