Formation 2 Dakar
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Dakar accueille une formation pratique sur l’intégration de l’adaptation climatique dans les projets de développement

Lionelle Ngo-Samnick

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Lionelle Ngo-Samnick

Dakar, 8 juillet 2026 — Pendant trois jours, du 6 au 8 juillet, la ville de Dakar a accueilli une formation consacrée à l’intégration de l’adaptation climatique dans les projets de développement financés par des guichets non climatiques. Organisée par l’IFDD et la GIZ à travers le projet PACO et le Ministère de l’environnement et de la transition écologique, l’initiative a réuni 32 participants, dont 18 femmes et 10 jeunes de moins de 35 ans, issus des ministères sectoriels, des collectivités territoriales, des institutions techniques, du secteur privé et de la société civile.

Dans un contexte où le Sénégal intensifie ses efforts pour mettre en œuvre la Vision Sénégal 2050, la CDN révisée et les Plans Nationaux d’Adaptation, cette formation s’est imposée comme un moment clé pour renforcer les capacités nationales face aux impacts croissants du changement climatique.

Un pays en première ligne face aux dérèglements climatiques

Les travaux ont rappelé l’ampleur des défis auxquels le Sénégal est confronté : érosion côtière accélérée, inondations récurrentes, sécheresses localisées, salinisation des terres, vagues de chaleur, dégradation des écosystèmes forestiers et fluviaux. Ces phénomènes affectent directement les infrastructures, la sécurité alimentaire, les ressources hydriques, les moyens de subsistance et la compétitivité économique. Aucun ministère n’est épargné. Agriculture, pêche, tourisme, santé, eau, infrastructures : tous les secteurs sont exposés à des risques climatiques susceptibles de compromettre les investissements publics et privés.

Trois jours pour repenser la manière de concevoir les projets

La première journée a permis aux participants de revisiter les fondamentaux du changement climatique, de distinguer météo et climat, et de comprendre les mécanismes scientifiques du réchauffement global. Les formateurs ont insisté sur la nécessité d’une adaptation transformationnelle, impliquant des changements structurels dans les politiques publiques et les systèmes de production.

Les secteurs socio-économiques clés du Sénégal ont été passés en revue : agriculture, élevage, pêche, tourisme, santé, eau, biodiversité. Les impacts y sont déjà visibles, avec des conséquences économiques et sociales majeures.

La deuxième journée a été consacrée à l’analyse des risques climatiques, présentée comme un préalable indispensable à tout projet de développement. Les participants ont appris à identifier les aléas, évaluer l’exposition, analyser la vulnérabilité, déterminer la probabilité d’occurrence et construire des matrices d’adaptation.

Les travaux de groupe ont illustré la démarche à travers des projets concrets : infrastructures routières, santé, agriculture. Un message central a émergé : « Un projet qui n’intègre pas les risques climatiques est un projet qui devra être reconstruit. »

La dernière journée a introduit les outils de budgétisation sensible au climat (BSC), un chantier stratégique pour le Sénégal qui a publié son premier budget vert en 2024. Les participants ont été formés aux marqueurs climat, à l’étiquetage des dépenses, à l’analyse des projets d’investissement et aux mécanismes permettant d’aligner les budgets sur les priorités climatiques.

Les guichets non climatiques tels que la Banque mondiale, BAD, BOAD, BID, UE, FIDA, ont été présentés comme des opportunités majeures pour financer des projets intégrant l’adaptation, à condition de démontrer la prise en compte des risques climatiques.

Des études de cas révélatrices

Les groupes ont travaillé sur trois projets emblématiques :

  • Renforcement de l’offre de soins à Matam et Kédougou : infrastructures sanitaires résilientes, systèmes d’eau et d’énergie sécurisés, surveillance épidémiologique, plans d’urgence.
  • Construction de la route Matam–Tiénaf : surélévation du tracé, ouvrages hydrauliques adaptés aux projections climatiques, matériaux résistants aux fortes températures, solutions fondées sur la nature.
  • Développement durable de la filière mangue en Casamance : variétés résilientes, irrigation économe, agroécologie, unités de transformation, gouvernance renforcée.

Ces exercices ont démontré que l’adaptation n’est pas un volet additionnel, mais une condition de durabilité et de financement.

Vers un développement résilient au climat

Au terme de la formation, les participants ont exprimé leur satisfaction et souligné la pertinence des outils transmis. L’atelier a permis de renforcer la compréhension des risques climatiques, d’améliorer la capacité à intégrer l’adaptation dans les projets sectoriels et de mieux répondre aux exigences des bailleurs. Cette formation marque une étape importante dans la transformation des pratiques de planification, de budgétisation et de gestion des investissements publics.

Dans un pays où les impacts climatiques redessinent les territoires, les économies et les infrastructures, l’intégration systématique de l’adaptation devient un impératif stratégique. L’atelier de Dakar aura contribué à renforcer les compétences nationales et à ancrer une nouvelle culture de développement : anticiper les risques, protéger les populations et sécuriser les investissements.

 

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