Lutter contre la pauvreté et protéger l’environnement par la formation au tourisme durable à l’école Sala Baï au Cambodge
À Siem Reap et dans les communautés du parc national de Phnom Kulen, le tourisme représente une source majeure d’emplois, mais tous les jeunes n’y accèdent pas dans les mêmes conditions. Pour ceux issus de zones rurales défavorisées, apprendre un métier, acquérir de l’expérience et trouver sa place dans le secteur restent des défis déterminants. À travers Sala Baï, la formation professionnelle devient ainsi un point d’entrée vers l’emploi, tandis que l’écotourisme ouvre de nouvelles perspectives aux communautés locales.

Former pour ouvrir de nouvelles perspectives
Dans un contexte où les jeunes issus des zones rurales défavorisées disposent de peu d’opportunités d’emploi qualifié, l’accès à une formation professionnelle demeure un levier essentiel de réduction de la pauvreté. Les femmes, en particulier, restent confrontées à des inégalités persistantes, notamment dans l’accès aux postes à responsabilité dans le secteur touristique. Par ailleurs, le développement du tourisme au Cambodge, bien que porteur de croissance, pose des défis en matière de durabilité environnementale et d’intégration des communautés locales, encore insuffisamment associées aux chaînes de valeur touristiques.
C’est dans ce contexte qu’Agir pour le Cambodge (APLC), à travers Sala Baï, met en œuvre de septembre 2025 à septembre 2026 le projet « Lutter contre la pauvreté et pour la protection de l’environnement par la formation au tourisme durable », dans le cadre de l’initiative Destination Éco-Talents (DET) de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Le projet associe formation professionnelle, compétences environnementales et accompagnement de l’écotourisme communautaire.

De la formation à l’expérience professionnelle
Pour l’année académique 2025-2026, 148 étudiants sont inscrits à Sala Baï, tous issus de communautés rurales défavorisées. Les femmes représentent près des trois quarts de cette promotion, avec 108 étudiantes pour 40 étudiants. Les parcours couvrent plusieurs métiers de l’hôtellerie-restauration et associent apprentissages techniques, savoir-être et préparation à l’insertion professionnelle.
Les premiers jalons ont rapidement conduit les élèves au contact du monde professionnel. En novembre et décembre 2025, un premier groupe de 74 étudiants était en stage, tandis que les contrats du second groupe étaient déjà conclus pour un démarrage en janvier 2026. Six nouveaux sites de stage ont par ailleurs été identifiés à Kampot, Sihanoukville et Koh Rong, élargissant les possibilités d’expérience au-delà de Siem Reap. La formation s’enrichit également de compétences linguistiques et environnementales: les cours de français avec l’Alliance Française de Siem Reap et les cours d’agroécologie proposés avec Agrisud renforcent la place des pratiques durables dans les apprentissages.

À Phnom Kulen, faire de l’écotourisme une ressource locale
Le projet ne s’arrête pas aux portes de l’école. À Phnom Kulen, Sala Baï accompagne les communautés d’Anlong Thom et de Popel dans le développement d’activités d’écotourisme communautaire susceptibles de diversifier les revenus tout en valorisant les ressources locales. À Anlong Thom, une boutique artisanale a ouvert en décembre 2025 et des formations de remise à niveau ont été organisées pour les cuisiniers. Des groupes scolaires français ont également été accueillis en novembre, donnant une première visibilité à cette offre. Malgré les inondations de septembre et octobre, la mobilisation de la communauté a permis d’engager leur reconstruction et de rétablir une grande partie du point de contrôle. À Popel, un nouveau site de camping a par ailleurs été identifié à Santepheap afin de créer une source supplémentaire de revenus.

Donner aux jeunes les moyens de construire leur avenir
Les résultats observés au fil des années donnent une mesure de ce que peut représenter l’accès à une formation et à un emploi durable : parmi les anciens élèves interrogés dans l’étude d’impact, 74 % travaillent encore dans l’hôtellerie et 78 % contribuent financièrement aux besoins de leur famille. Au-delà des indicateurs, ces parcours rappellent surtout qu’un emploi peut changer la manière dont un jeune envisage son avenir et la place qu’il peut prendre dans sa communauté.
Pour les étudiants de la promotion actuelle comme pour les habitants de Phnom Kulen, l’ambition est donc que les compétences acquises ne soient pas seulement un passeport vers un premier emploi ou une nouvelle activité. Elles doivent aussi permettre de gagner en autonomie, de progresser professionnellement et de construire un avenir avec davantage de choix. À terme, l’espoir est que chaque jeune puisse compter sur ses propres compétences pour avancer, et que le tourisme devienne, pour les communautés qui l’accueillent, une ressource durable dont elles sont pleinement actrices.
Contact
Sala Bai
M. Renaud Fichet – director@salabai.com