Brazzaville mise sur l’adaptation climatique
Du 20 au 22 juillet 2026, Brazzaville a accueilli une formation nationale consacrée à l’intégration de l’adaptation climatique dans les projets de développement financés par des guichets non climatiques. Pendant trois jours, 27 participants, dont 10 femmes, 17 hommes et 7 jeunes de moins de 35 ans, issus des administrations publiques, du secteur privé, de la société civile, du monde académique et des communautés autochtones ont travaillé à renforcer leurs capacités face à un constat désormais incontournable : la République du Congo est exposée à une intensification des inondations, glissements de terrain, sécheresses localisées, vagues de chaleur et dégradation des écosystèmes, comme le rappellent les analyses de la CDN 3.0 et des Communications Nationales .
Dès l’ouverture, la représentante de l’IFDD, Lionelle Ngo Samnick, a souligné le lien indissociable entre développement et climat, rappelant que « l’accès à ces guichets n’est pas le résultat de simples incantations, mais la conséquence d’un travail méthodique d’intégration de l’adaptation dans les projets de développement » . Les modules animés par les experts Aziz Diedhiou et Emmanuel Kimpuki ont permis d’explorer les concepts clés de l’adaptation, les outils d’analyse de vulnérabilité, les mécanismes de financement non climatiques et les approches de budgétisation sensible au climat. Les participants ont également été initiés à la chaîne PPBESE, aux matrices SEPO et SWOT, à l’analyse multicritère et à la théorie du changement, autant d’outils destinés à « climatiser le développement » et à éviter que les investissements ne soient compromis par les chocs climatiques.
L’un des temps forts de l’atelier a été la sélection d’un projet prioritaire dans le secteur des ressources en eau, identifié comme le plus vulnérable par les participants. Après plusieurs exercices de priorisation, une proposition consolidée a émergé : « Adaptation du secteur Eau, Hygiène et Assainissement aux risques climatiques en République du Congo » . Ce choix reflète l’importance stratégique de l’eau, ressource au cœur des crises climatiques et des interactions entre agriculture, infrastructures, santé et réduction des risques de catastrophe. En clôture, les participants ont exprimé leur volonté de transformer les acquis de la formation en leviers concrets pour sécuriser les investissements nationaux, mobiliser des financements additionnels et aligner les projets sur les priorités définies dans la Vision Congo 2040, le PND 2022–2026 et la CDN 3.0.