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Guinée-Bissau en première ligne face au climat

Du 13 au 17 juillet 2026, Bissau a accueilli un atelier national de renforcement des capacités sur les mécanismes de financement climatique, organisé par l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IFDD) en partenariat avec les autorités nationales. Dans un pays classé parmi les plus vulnérables aux effets du changement climatique, où l’élévation du niveau de la mer, l’érosion côtière et la dégradation des mangroves menacent directement les moyens de subsistance, cette formation a constitué une étape stratégique. Elle visait à doter les institutions publiques, la société civile et le secteur privé des compétences nécessaires pour accéder aux grands fonds internationaux,. Pendant cinq jours, 44 participants ont travaillé de manière collaborative pour transformer les défis climatiques du pays en projets bancables, alignés sur les standards internationaux et porteurs d’une ambition nouvelle pour la Guinée-Bissau.

Lionelle Ngo-Samnick

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Lionelle Ngo-Samnick

La Guinée-Bissau, petit État côtier d’Afrique de l’Ouest classé parmi les Pays les Moins Avancés, est aujourd’hui l’un des territoires les plus exposés aux effets du changement climatique. L’élévation du niveau de la mer, l’érosion côtière, la salinisation des terres agricoles et la dégradation des mangroves menacent directement les moyens de subsistance des populations. Dans ce contexte, l’archipel des Bijagos et les écosystèmes protégés, joyaux de biodiversité, apparaissent fragilisés. Malgré l’existence de cadres stratégiques comme la CDN et le Plan National d’Adaptation, l’accès aux financements internationaux reste limité, faute de capacités techniques et institutionnelles suffisantes.

Une formation pour lever les obstacles

C’est pour répondre à ces défis que l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) a organisé à Bissau, du 13 au 17 juillet 2026, un atelier national de renforcement des capacités sur les mécanismes de financement climatique. L’objectif était de permettre aux acteurs nationaux de maîtriser les procédures d’accès aux grands fonds internationaux notamment le Fonds Vert pour le Climat, le Fonds d’Adaptation, ou le Fonds pour l’Environnement Mondial, et d’élaborer des projets bancables alignés sur les standards internationaux.

Une mobilisation inclusive

La cérémonie d’ouverture, présidée par le Ministre de l’Environnement et de l’Action climatique, Dr Carlos Pinto Pereira, a réuni 44 participants issus de 18 institutions nationales. Parmi eux, 19 femmes et 10 jeunes de moins de 35 ans, confirmant la volonté d’intégrer les dimensions de genre et de jeunesse dans la gouvernance climatique. Cette diversité institutionnelle et sociale a permis de croiser les expertises et de renforcer la dynamique collective.

Des contenus techniques et pratiques

La formation a posé les bases conceptuelles : introduction scientifique au changement climatique, état des lieux de l’action nationale, architecture de la finance climatique et critères d’investissement du FVC. Les échanges ont mis en évidence les défis prioritaires du pays — érosion côtière, inondations, vents violents — et la nécessité de renforcer les systèmes d’information climatique. Les experts ont insisté sur l’importance de bâtir un rationnel climat solide, fondé sur des données scientifiques robustes, et de distinguer clairement un projet de développement d’un véritable projet climatique.

La fin de la formation a été consacrée à des travaux pratiques : identification de projets prioritaires, élaboration de la théorie du changement, structuration budgétaire et renseignement du canevas officiel du FVC. Quatre domaines stratégiques ont été retenus : l’énergie, l’agriculture, l’économie bleue et les zones côtières, ainsi que les infrastructures et l’habitat. Trois notes conceptuelles préliminaires ont été esquissées, destinées à être finalisées et soumises au FVC.

Vers une crédibilité institutionnelle renforcée

Au-delà des projets, l’atelier a ouvert la voie à un processus de préparation de l’accréditation du Fonds Environnemental de Guinée-Bissau. Les experts ont recommandé de privilégier une accréditation par projet dans un premier temps, tout en créant une équipe technique permanente dédiée au suivi des procédures. Cette démarche vise à positionner le FEGB comme une entité d’accès direct aux financements climatiques, renforçant ainsi la crédibilité institutionnelle du pays.

Une ambition affirmée

En cinq jours, la Guinée-Bissau a franchi une étape importante dans sa stratégie climatique. Les participants ont acquis une compréhension approfondie des mécanismes financiers, produit des esquisses de notes conceptuelles et validé une proposition d’appui préparatoire à soumettre au FVC. Au-delà des livrables techniques, l’atelier a permis de consolider une vision nationale : transformer la vulnérabilité en opportunité, mobiliser les financements internationaux et faire de la Guinée-Bissau un acteur crédible de l’action climatique en Afrique de l’Ouest.

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