Actualité 8 septembre 2025 Claire Schiettecatte
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Clap de fin pour le PDTIE

Claire Schiettecatte

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Claire Schiettecatte

Le 04 septembre 2025 s’est tenu l’atelier de clôture officielle du projet de déploiement des technologies et innovations environnementales pour le développement durable et la réduction de la pauvreté (PDTIE). Réunis en mode virtuel, une soixantaine de participants ont fait le bilan des activités menées depuis le lancement du projet en septembre 2021 à Kinshasa, s’octroyant un moment de valorisation, de réflexion stratégique et d’inspiration pour les prochaines étapes.

Dans son propos introductif, Cécile Martin-Phipps, directrice de l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD), organe subsidiaire de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), a souhaité la bienvenue à l’auditoire, avant de rappeler que cet atelier ne célébrait pas une fin, mais une transition vers une appropriation nationale renforcée, une pérennisation des acquis, une amplification des impacts et une mise en échelle au niveau des six pays du Bassin du Congo. Au-delà de ses résultats les plus tangibles, le PDTIE a favorisé l’émergence d’une dynamique francophone porteuse d’innovation environnementale et inclusive. Désormais bien ancrée, cette dynamique est appelée à se consolider, à inspirer de nouvelles synergies et à s’inscrire dans la durée.

Lui a succédé Joël Hervé NGUENKAM, Directeur de la Francophonie, ministère des Relations extérieures du Cameroun, en qualité de co-président du comité de pilotage du PDTIE. Il a salué l’implication des ministères nationaux et de la coordination nationale, l’accompagnement apporté aux entités bénéficiaires par l’IFDD, l’engagement et l’abnégation des coordonnateurs des projets tiers, et l’implication des chercheurs, félicitant notamment la forte implication des femmes en leur sein et se réjouissant de la contribution du PDTIE au développement de la recherche et l’innovation au Cameroun.

Monsieur Léandre MIEMA BELEPE, Délégué général de la Francophonie de la République démocratique du Congo (RDC), également co-président du comité de pilotage du PDTIE, a dans son allocution mis l’accent sur la force de transformation représentée par la jeunesse. Il a chaleureusement félicité l’implication des jeunes dans ce projet, leur solidarité, notamment à l’aune de la situation difficile rencontrée ces derniers mois en RDC. Pour lui, « la Francophonie d’avenir est réelle, une Francophonie qui est juste, où la jeunesse est capable de jouer son rôle. La jeunesse de RDC, la jeunesse du Cameroun, la jeunesse de partout dans l’espace francophone est prête à assumer son destin, à jouer son rôle ». C’est en ce sens qu’il a appelé les acteurs avec une partie de pouvoir à ne pas décevoir cette jeunesse : « Nous avons le devoir de marcher avec elle et d’être à la hauteur des espoirs qu’elle place en nous. »

Monsieur Simone CERAMICOLA, Chargé des politiques « Recherche » au sein de la DG Partenariats internationaux de la Commission Européenne, a par la suite pris la parole, reconnaissant le rôle de catalyseur majeur de transformation durable du PDTIE dans le Bassin du Congo. Pour lui, le projet a fait émerger des solutions durables à fort impact et constitue une source d’inspiration et un modèle d’action en Afrique francophone et au-delà. Il a esquissé des pistes d’appui à la consolidation du projet à explorer dans le cadre de la prochaine programmation de l’Union européenne.

Enfin, les coordinations nationales de la RDC et du Cameroun, en la personne du Professeur German KUNA MABA MAMBUKU, Recteur de l’Université Kongo et de Monsieur Jean Merlin ETOBE, coordonnateur national ISF Cameroun, sont brièvement revenus sur les quatre années de mise en œuvre du projet.

Des résultats forts

Par la suite, Claire Schiettecatte, experte de l’IFDD, a présenté les résultats clés des activités, révélant l’atteinte et parfois le dépassement de nombreux objectifs. Il en ressort le financement de 15 projets pour une subvention globale de 2,73 millions d’euros ; l’organisation de dix sessions de formations en ligne aux métiers et technologies de l’environnement en faveur 69896 jeunes des pays ACP, dont 7856 du Cameroun et 5985 de la RDC, à travers 79 modules répartis en 12 secteurs d’activités ; la tenue de 142 formations en présentiel, y inclus les 6 formations pratiques de l’IFDD, d’une durée de 2013 heures, en faveur de 7262 apprenants donc 2127 jeunes femmes ; et l’encadrement de 99 étudiants (9 doctorat/phD, 36 Master, 28  pharmD, 19 ingénieurs et 7 licences). Deux FabLabs en gestion des déchets et en énergies renouvelables sont également fonctionnels. En ce qui concerne les 151 éco-innovations frugales développées, 130 d’entre elles ont abouti, avec 70 brevets déjà obtenus et 26 demandes de brevets en cours, 6 innovations déjà commercialisées, 29 entreprises créées et 74 emplois générés, 51 articles scientifiques déjà publiés et 56 articles rédigés ou en cours de publication. Cinq études ont de plus été réalisées au cours de la période couverte par le projet, tant sur l’état des lieux de la recherche et l’innovation dans le Bassin du Congo, que sur les savoirs locaux, les besoins, capacités et contraintes, l’évaluation des capacités financières des acteurs et l’adéquation des innovations vertes avec le marché, que sur la vulgarisation et la communication.

En matière de communication, on peut justement noter l’organisation de deux salons des sciences, innovations et technologies environnementales, la participation à une dizaine d’évènements publics, la publication de deux ouvrages sur la recherche et l’innovation et de quatre magazines annuels du projet, la mise en ligne de cinq portails web dédiés et la diffusion de 1200 outils de communication variés, tous contribuant au rayonnement du projet à large échelle et à sa réplication.

L’heure de l’évaluation

Les enquêtes bilan CAP (Connaissances, Attitudes et Pratiques) présentées par Monsieur Simbu Alexis VUNI, consultant du PDTIE, sont venues étayer ces résultats, montrant notamment l’impact du projet en tant que levier d’action pour la réduction des changements climatiques et la perte de biodiversité dans le Bassin du Congo, et sur l’augmentation du niveau de connaissances des étudiants et innovateurs en matière de protection de l’environnement. Ces enquêtes offrent également une vision plus pointue du retour des bénéficiaires finaux, des innovateurs mais aussi des usagers des innovations, ainsi que leurs recommandations.

Ces constatations et recommandations ont été largement partagés par le Professeur Patrick MEMVANGA, Coordonnateur du Centre de recherche et d’innovation technologique en environnement et en sciences de la santé (CRITESS) de l’UNIKIN et du Professeur Joseph KENFACK, Coordonnateur du Fab Lab Polytech Yaoundé en énergie renouvelable. Le premier est revenu sur douze leçons apprises à travers le PDTIE, relevant aussi bien la nécessité de relations de confiance et de concertation, l’intégration des projets à d’autres dynamiques, l’intégration en amont des règles des différents bailleurs… Le second, lui, s’est attaché à présenter les résultats techniques du Fab Lab Polytech Yaoundé. Enfin, Madame Esther ISEULT KIVALYA, jeune innovatrice de la RDC, productrice de concentré d’huile essentielle de Cymbopogon citratus à usage pharmaceutique (CITROZEN) au sein du CSB-UNIKIS a partagé en quelques mots son retour d’expérience et ses remerciements.

Pour conclure les travaux de cet atelier et officiellement clôturer une aventure de quatre années, Madame Cécile Martin-Phipps, directrice de l’IFDD, a tenu à exprimer sa profonde gratitude à tous les participants du PDTIE, dont l’engagement, la créativité et la détermination ont permis à ce projet de devenir bien plus qu’une initiative technique, mais un véritable levier de transformation dans le Bassin du Congo. Catalyseur de dialogue et de mobilisation, le PDTIE a selon elle su conjuguer rigueur scientifique, innovation technologique et action concrète pour produire des résultats tangibles qui ne demandent qu’à être élargis.

C’est dans cet esprit qu’elle a mobilisé les acteurs publics et les porteurs de solutions autour d’une ambition commune. En soulignant que « la transition écologique se construit, pas à pas, avec les territoires, les talents locaux, et la force des idées fructueuses. Le PDTIE nous a montré que c’est possible. À nous, désormais, de faire grandir cette promesse ». Cette déclaration de Cécile MARTIN-PHIPPS résonne comme une conviction profonde et incarne une vision d’une écologie pragmatique, inclusive et résolument tournée vers l’impact. Elle rappelle que le changement durable s’enracine dans les démarches locales et s’épanouit grâce à l’intelligence collective.

La Francophonie, elle, poursuit son engagement à travers le projet « Soutien aux initiatives environnementales dans le Bassin du Congo », qui capitalise les acquis du PDTIE, tout en renforçant les dynamiques existantes à l’échelle régionale, et en accompagnant les porteurs d’initiatives dans leur passage à l’échelle.

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