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Réflexion pour un tourisme durable inclusif dans l’espace francophone

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Le tourisme, en plein essor, est reconnu comme l’une des plus grandes industries au monde, offrant un extraordinaire potentiel aux pays développés tout comme aux pays en développement en termes de recettes en devises, de sources de revenus et d’emplois. Le tourisme est aussi un important promoteur de sensibilisation, de soutien et de revenus pour le patrimoine naturel et culturel. Il peut également être un outil très précieux pour le développement durable inclusif, y compris dans les zones rurales des pays en développement, où très peu de perspectives économiques s’offrent à des populations majoritairement pauvres. La progression rapide du tourisme ouvre de grandes opportunités mais suscite également de grands défis. Il convient en effet de gérer cette progression de manière durable en respectant la capacité de charge des écosystèmes. On estime par exemple que ce secteur représente 5 % du total des émissions de gaz à effet de serre, essentiellement en raison des transports et du logement. Il est également un grand consommateur d’eau et d’énergie et a été à l’origine de la disparition d’habitats naturels et des espèces qui y vivaient, notamment dans les régions côtières sensibles.
La pression exercée sur ces habitats et les conditions de travail difficiles dans le secteur peuvent, d’une part, affecter de manière préjudiciable le bien-être des populations locales et, d’autre part, alourdir l’empreinte écologique.
L’industrie touristique dépend fortement de la qualité du milieu naturel et des destinations, car les touristes privilégient les lieux qui offrent un intérêt esthétique ou culturel. Si elle n’est pas gérée de manière appropriée, elle peut porter atteinte aux ressources qui garantissent même son succès et sa durabilité.
C’est ainsi qu’une bonne politique touristique doit nécessairement intégrer une approche de développement durable et de réduction de la pauvreté. Elle doit également démontrer un engagement de tous les acteurs, des gouvernements nationaux et locaux aux consommateurs, en passant par les opérateurs privés et organisations de la société civile, vis-à-vis d’objectifs communs de gestion intégrée des activités touristiques.
Le tourisme durable s’applique à toutes les formes de tourisme, dans tous les types de destinations, y compris au tourisme de masse et aux divers créneaux du tourisme de niche. Les principes de durabilité concernent les aspects environnementaux, économiques et socioculturels du développement touristique. Pour garantir sur le long terme la durabilité de ce dernier, un bon équilibre entre ces trois aspects doit être trouvé. Le tourisme peut donc aussi contribuer au redressement économique mondial en suivant une stratégie de neutralité climatique, en innovant dans l’emploi d’énergies plus propres et en utilisant plus efficacement les ressources.
Entretenant une relation spécifique avec l’environnement et les communautés locales, le tourisme doit être planifié pour que ses impacts négatifs soient minimisés et ses retombées positives maximisées en vue de soutenir la richesse locale, la biodiversité et le patrimoine culturel. Promouvoir un tourisme durable suppose une approche à trois dimensions, qui se complètent et se renforcent : la valorisation du patrimoine naturel et culturel, la conservation et l’utilisation rationnelle de la nature et l’implication de tous les acteurs,en particulier des populations locales.
Dans la perspective d’encourager cette forme de tourisme dans l’espace francophone, le numéro 95 de la revue Liaison-Énergie Francophonie s’est donné pour objectif de présenter des politiques et des stratégies modèles en termes de conservation et utilisation rationnelle des ressources naturelles, de valorisation du patrimoine naturel et culturel et, enfin, en termes de respect de l’authenticité socioculturelle et des valeurs traditionnelles des communautés d’accueil ainsi que du partage équitable des avantages économiques avec ces communautés.
Ce numéro se fixe également comme objectif de valoriser les programmes de renforcement des capacités, notamment à travers la formation et la mutualisation des connaissances et expériences, les mécanismes financiers disponibles dans le secteur et l’approche participative. Les articles de ce numéro nous pré-sentent plusieurs expériences devant permettre aux praticiens du secteur d’identifier les pièges et les écueils dans la mise en place d’une démarche de tourisme durable équitable et solidaire.À l’échelle de l’espace francophone, quels seraient les partenariats réussis et les modèles touristiques viables sur le long terme offrant à toutes les parties prenantes des bénéfices équitablement répartis, notamment des emplois décents, des services sociaux et communautaires ? Le présent numéro tente d’examiner les expériences des grandes régions francophones pour répondre à cette question.
Photo : Emilienne Kougnakou
Les témoignages présentés ici abordent différents aspects du tourisme durable :
  • la planification du tourisme sous forme de poli-tiques ou de stratégies sectorielles, ou sous forme intégrée dans un programme global d’économie verte ;
  • l’environnement naturel et ses composantes, sa contribution dans l’organisation du secteur et les impacts du secteur sur le milieu ;
  • le patrimoine culturel et naturel, son apport au tourisme et sa préservation ;
  • la responsabilité sociétale des organisations et la réduction de la pauvreté, à travers des actions de développement local et de création d’emplois verts.
Les expériences existantes démontrent que le tourisme durable offre de très bons atouts pour une économie verte dans une perspective de développe-ment durable. Les pronostics laissent présager une augmentation des touristes internationaux. Pour que chaque pays ou chaque région s’approprie une part de cette demande, il doit s’assurer de certaines conditions de planification, d’investissements, de capacités humaines et de préservation du capital naturel. Ce numéro devrait susciter l’intérêt du lecteur, alimenter la réflexion sur les modèles, les pratiques et les innovations dans le secteur touristique et, enfin, créer des ponts entre les experts de cette industrie et tous les acteurs désireux d’expérimenter une démarche de tourisme durable.
Extrait du site du PNUE, http://www.unep.fr/shared/publications/other/DTIx0531xPA/tourisme.pdf
Source : http://www.globalissues.org/article/173/coral-reefs
Cet article publié dans la  »Revue Liaison Énergie-Francophonie numéro 95 – 3ème trimestre 2013: Tourisme durable – Valorisation du patrimoine, Implication de la population, Conservation de la nature » a été rédigé par Faouzia Abdoulhalik et Lionelle Ngo Samnick