Actualité 29 février 2024 Lionelle Ngo-Samnick
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Revue annuelle 2023 : le dernier virage du PDTIE

Lionelle Ngo-Samnick

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Lionelle Ngo-Samnick

Par Nadège MACHE et Seth-Guni NKOLA

 

En date du 22 février 2024, entre 13h et 16h (GMT), s’est tenue la troisième revue annuelle du Projet de déploiement des technologies et innovations environnementales pour le développement durable et la réduction de la pauvreté (PDTIE). Réunis en mode virtuel, une cinquantaine de participants ont fait un point annuel sur les résultats des projets subventionnés dans le cadre du projet. Des perspectives prioritaires de 2024, dernière année de mise en œuvre du PDTIE, ont été également présentées, avec pour point d’orgue les salons des sciences, technologies et innovations pour le développement prévus en RDC et au Cameroun en fin d’année.

Dans son propos introductif, Madame Cécile Martin-Phipps, Directrice de l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable (IFDD), organe subsidiaire de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), a souhaité la bienvenue à l’auditoire, avant de rappeler les résultats encourageants du PDTIE présentés pendant la revue précédente.

Un bilan global optimiste

Par la suite, Madame Lionelle NGO SAMNICK, cheffe du PDTIE, a présenté le bilan global de 2023. Il en ressort, le financement de huit nouveaux projets qui porte à quinze le nombre de projets tiers subventionnés par le PDTIE ; deux sessions de formations en ligne aux métiers et technologies de l’environnement en faveur de 5230 jeunes d’Afrique centrale ; deux formations pratiques en agriculture durable en faveur de 84 jeunes, dont 22 jeunes femmes ; sept sessions de formation au bénéfice de 384 jeunes dont 124 femmes organisées par les organisations tierces. En ce qui concerne les innovations environnementales, 99 nouvelles éco-innovations frugales ont été soutenues, ce qui porte à 151 innovations au total, 21 brevets y relatifs sont en cours d’obtention, tandis que six innovations sont déjà commercialisées. En outre, le projet totalise cinq projets thématiques en rapport avec les savoirs locaux, besoins, capacités et contraintes, vulgarisation et communication. Des activités en rapport avec la communication sont également recensées parmi lesquels la participation à huit événements publics nationaux et internationaux, la publication de l’ouvrage de référence sur la recherche et l’innovation, la publication de deux magazines annuels, un total cumulatif de douze articles scientifiques ainsi que de 91 articles médiatiques, sans oublier quatre portails web dédiés.

L’évaluation globale révèle l’atteinte et parfois le dépassement des objectifs en ce qui concerne les formations en présentiel et en ligne, la mise en place des Fab Lab, le soutien aux innovations ; mais il y a encore des points à améliorer dont le décaissement des secondes tranches de subventions à engager par certains projets tiers, l’accélération des dépôts de brevet d’invention, et les salons qui se feront plutôt en fin d’année 2024. L’optique est ici la clôture convenable de tous les projets à la fin d’année, avec la pérennisation des acquis du PDTIE au-delà de 2025.

Pour toucher du bout des doigts les réalités que vivent les projets tiers, la parole a ensuite été donnée aux coordonnateurs qui ont fait l’économie de la mise en œuvre et des résultats, tout comme des contraintes rencontrées.

Les laboratoires de fabrication (Fab Lab)

Du côté des laboratoires de fabrication, qu’il s’agisse du Fab Lab EcoDéchets de Bukavu en RDC, ou du Fab Lab Energies Renouvelables à Yaoundé au Cameroun, les équipements ont été acquis à plus de 95 %, et les formations et mentorat des jeunes innovateurs et promoteurs de startups suivent leur cours. Plusieurs innovations sont au niveau des tests et prototypages avec de fortes avancées, les mémoires descriptifs pour le brevetage sont en cours d’élaboration et plusieurs négociations sont déjà entamées pour le réseautage entre les laboratoires de fabrication et leurs parties prenantes.

Les projets incubant les innovations

Du côté des huit projets incubant les jeunes innovateurs, l’évolution est mitigée. Les premiers projets subventionnés comme celui de la Mission de promotion des matériaux locaux, de l’Université de Kinshasa avec le CRITESS et le PIRAM (en coopération avec l’Université catholique du Graben pour ce deuxième), de l’École Nationale Supérieure des Sciences Agro-Industrielles de l’Université de Ngaoundéré, et de l’Institut de Recherche Agricole pour le développement, connaissent des réalisations palpables, appréciées et même reconnues avec plusieurs récompenses. Les projets PIRAM et CRITESS ont fait d’impressionnants pas avec plusieurs produits déjà commercialisés et touchant plus de 300 ménages. Cependant trois autres projets, celui de l’École nationale Supérieure Polytechnique de Douala, de l’Université de Kisangani, et de l’Université de Goma, se déploient encore dans les phases de modélisation, d’extraction de matières premières et de conception de prototype.

Pour ce qui est des perspectives 2024 dans ce groupe de projets, l’accompagnement des innovateurs se poursuivra dans le perfectionnement de leurs innovations, la rédaction de mémoires descriptifs de brevet, des activités de vulgarisation sur le plan scientifique et marketing, des demandes d’autorisation de mise sur le marché de produits, et le développement des mécanismes d’appui institutionnel au niveau des pays pour la pérennisation des innovations.

Il est à relever que la situation sécuritaire à l’est de la RDC pourrait empiéter sur la mise en œuvre du projet de l’Université de Goma, qui est plus proche de la zone en conflit, d’où l’accompagnement virtuel de certains innovateurs en période de crise. La délocalisation de certaines activités dans des villes voisines est l’une des options également envisagées. C’est aussi le cas pour plusieurs autres projets tiers en RDC qui sont obligés d’éviter le déploiement dans les zones en conflit.

Les projets tiers en lien avec les études, la vulgarisation et communication

Dans le dernier groupe de projets centrés sur les études, la communication et vulgarisation, les activités se déploient également à plusieurs vitesses. L’étude sur les savoirs locaux et autochtones réalisée par l’École régionale postuniversitaire d’aménagement et de gestion intégrés des forêts (ERAIFT) est dans la phase de vulgarisation des résultats avec deux articles publiés, cinq posters scientifiques élaborés, entre autres. Dans l’étude portant sur les besoins, capacités et contraintes du secteur privé dans le secteur du développement durable, réalisée par le Centre d’Analyse et de Recherche sur les Politiques Économiques et Sociales (CAMERCAP) et son partenaire l’Université Autre Son d’Afrique, la collecte des données est terminée ainsi que la rédaction des premières ébauches de rapport d’études. Pour l’étude centrée sur l’évaluation des capacités financières des acteurs et de l’adéquation des innovations vertes au marché, réalisée par le Centre de Recherche en Économie et Gestion (CEREG) de l’Université de Yaoundé II et le Centre d’Expertise en Gestion du secteur Minier (CEGEMI) de l’Université Catholique de Bukavu (UCB), les contextes pays ont été élaborés et les outils de collectes sont en cours de validation par des experts. S’en suivra la collecte des données au Cameroun et en RDC.

Les deux projets de vulgarisation et production des messages sur les innovations sous la responsabilité de l’organisation Forêts et Développement Rural, puis de l’Université de Goma avec l’Institut National des Arts en RDC et l’Association des réalisateurs documentaristes du Cameroun, se déploient progressivement en élaborant des supports de vulgarisation et de communication idoines. Cependant, ce dernier projet a connu de lourdes contraintes administratives liées aux transferts de ressources.

En guise de perspectives, des ateliers de dissémination et séminaires sont prévus, tout comme des publications dans des revues scientifiques, des sélections de structures de base et de petites et moyennes entreprises, l’engagement des plaidoyers institutionnels, la réalisation de supports audio-visuels et affiches, et le médiaplanning.

Perspectives 2024 au Cameroun et en RDC

La parole a également été donnée aux deux coordonnateurs nationaux qui ont embrayé sur les perspectives 2024. Un accent particulier a été mis sur la préparation des deux Salons des sciences, technologies et innovations environnementales pour le développement qui seront des évènements nationaux centrés sur la rencontre entre les jeunes innovateurs, les investisseurs, le monde des affaires et les acteurs du changement. C’est un cadre de concertation entre les acteurs de l’innovation, le secteur privé et le secteur public pour impulser un entrepreneuriat écologique et novateur dans le Bassin du Congo, avec des innovations répondant concrètement et efficacement aux besoins des populations dans les secteurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire, de la construction, de la santé, de la gestion et valorisation des déchets, des énergies renouvelables et de la cosmétique. Les préparatifs des salons vont bon train dans les deux pays où sont engagés des négociations avec des partenaires institutionnels et de potentiels sponsors.

D’autre part, un suivi rigoureux doit se faire pour que tous les projets tiers respectent les délais de transmission de leurs rapports techniques et financiers, en prélude de l’audit prévu en avril 2024.  Des dispositions rapides devront également être prises pour que les activités restantes soient efficacement déployées d’ici décembre 2024.

Par ailleurs, les organisations institutionnelles au Cameroun et en RDC ont profité de cette revue annuelle pour réitérer leur sollicitude au PDTIE. De son côté, Laure Dutaur, de l’Unité d’assistance technique du Programme Recherche & Innovation de l’OEACP, a félicité le PDTIE pour les efforts consentis dans l’atteinte des objectifs, tout en rappelant le timing qui devient très serré ainsi que quelques exigences contractuelles de l’OEACP et de l’Union européenne en matière de visibilité que les projets tiers doivent garder à l’esprit.

 

Pour conclure les travaux de cette revue annuelle 2023, Madame Cécile Martin-Phipps, Directrice de l’IFDD, a félicité et encouragé le PDTIE et ses projets tiers. Bien que quelques difficultés soient rencontrées, le cap doit être maintenu pour ce projet révélateur pour la francophonie qui a d’ailleurs envisagé un autre projet pour le bassin du Congo d’un budget de 4,7 millions d’euro, dans six pays, de 2024 à 2027. Elle a ainsi rappelé à tous les partenaires que la Francophonie continuera d’être à leurs côtés.

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