Blogue 6 septembre 2022 IFDD
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Savoir que je peux faire une différence est exaltant!

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Ce monde est incroyablement complexe. Il me fait douter tous les jours. Je crains les gens remplis de certitudes. Celles et ceux qui croient que tout est blanc ou noir. Au contraire, mon travail consiste à questionner et remettre en question nos modes de consommation et de production.  À mieux comprendre les opportunités, risques et enjeux offerts par les bouleversements économiques et sociaux. À réfléchir sur les conséquences à long terme de nos actions, nos investissements, nos choix politiques, nos modèles d’urbanisme, nos modèles d’affaires. Et à inviter les États et gouvernements, la société civile, à en faire autant.

Je ne me considère pas comme radical. Je ne suis pas écoanxieux. Mais je refuse le statu quo d’une société de consommation qui carbure aux énergies fossiles et à l’obsolescence programmée. Je refuse l’aveuglement volontaire. Celui qui nous permet de conserver nos habitudes et nous maintient dans une zone de confort artificielle. Celui qui nous permet d’ignorer les impacts de nos propres actions sur les changements climatiques, l’érosion de la biodiversité, les inégalités, la pauvreté.

Certaines données me frappent. Le coût d’un forage pour offrir de l’eau potable à 400 personnes est d’environ 5 000€, soit le prix de deux billets d’avion.  Plus de 90% de toutes les ressources extraites annuellement se retrouvent émises à l’atmosphère, dispersées, ajoutées à l’environnement bâti, ou jetées. Au plus fort de la pandémie de COVID-19, les émissions mondiales de GES n’ont baissé que de 5,4%, alors qu’il faudrait plutôt les réduire de 55% d’ici 2030, et tendre vers la neutralité carbone en 2050 pour limiter la hausse des températures à 1.5°C. En moyenne, 25% de toutes les espèces seraient en voie d’extinction. Environ 80 % des bâtiments qui seront habités en 2050 ne sont pas encore construits aujourd’hui.

Je ne crains pas les changements climatiques. Je crains notre inaction. Ne pas être à la hauteur des enjeux. Le temps de la complaisance est terminé.

C’est ma devise. Celle que j’essaie d’appliquer au quotidien dans ma vie personnelle et professionnelle. C’est un cliché, mais depuis que je suis père de deux jeunes enfants, je suis encore davantage conscient du monde que je souhaite leur léguer et des valeurs que je souhaite leur inculquer.

Mon parcours à l’IFDD est classique. Débutant en 2009 par un stage sur les négociations internationales sur le climat m’ayant conduit au Sommet de Copenhague, j’ai par la suite piloté plusieurs projets d’adduction d’eau, assainissement, entrepreneuriat des jeunes et des femmes, économie verte, etc. J’ai participé à l’organisation de nombreuses conférences internationales. J’ai vécu près de 5 ans à Lomé, Togo, où j’ai eu le privilège de découvrir l’Afrique de l’Ouest en particulier. Le contact avec la population et les collectivités locales est certainement ce qui demeure le plus significatif.

J’ai aujourd’hui le mandat de développer un nouveau projet sur l’économie verte et circulaire. Comment, à l’OIF, puis-je contribuer au maximum à la transition vers une économie où l’écoconception est la norme, où les produits sont utilisés plus fréquemment et plus longtemps, et où les déchets sont récupérés, recyclés, revalorisés? Comment faire en sorte qu’aucun pays ne soit laissé en marge d’un tel modèle économique? Comment mieux en anticiper les enjeux et les risques?

Au cours des dernières années, nous avons sensiblement progressé dans la transition énergétique. Mais cela ne suffira pas. À terme, j’anticipe une révolution dans les modes de production et de consommation. J’imagine des bâtiments entièrement composés de matériaux renouvelables, confortables, accessibles. J’imagine des villes résilientes, sécuritaires, propres. J’imagine des systèmes agricoles durables et la régénération des écosystèmes.

Le développement durable est donc un art. L’art d’avoir de l’ambition et de l’audace. L’art de ne laisser personne de côté. Savoir que je peux faire une différence est exaltant. Être conscient que nous n’avons plus le droit à l’erreur est incroyablement stressant.

Nicolas Biron
Spécialiste d’économie verte à l’IFDD

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