Jeunesse haïtienne, environnement et développement durable

Favoriser la participation de la jeunesse haïtienne dans la gouvernance publique du développement durable

Lionelle Ngo-Samnick

Bibiane Kukosama

Contexte et enjeux

De fortes inégalités sociales : Haïti se caractérise par un Indicateur de Développement Humain parmi les plus faibles et une pauvreté extrême particulièrement élevée. Dans ce pays fragile caractérisé par une instabilité politique chronique, les moins de 21 ans représentent plus de la moitié de la population et l’un des groupes les plus vulnérables et celui dont la situation s’est la plus dégradée suite au séisme. Selon l’enquête Millennials, l'enseignement supérieur dans le pays est trop faiblement fréquenté du fait du coût de l'éducation et le besoin de travail qui en découle est important ; il existe une forte inégalité des chances pour les jeunes qui ont abandonné l'école et/ou qui sont exclus du marché du travail et le genre est un facteur discriminatoire. Il est ainsi primordial de fournir une éducation de qualité et pertinente dans les écoles ou les centres de formation professionnelle ; d’informer les jeunes sur les options de formation professionnelle et les caractéristiques du marché du travail et de les motiver à investir dans leur formation ; de promouvoir des politiques de renforcement des compétences, telles que la formation en alternance ; de continuer à améliorer les politiques qui facilitent l'accès à l'éducation; de mettre en œuvre des interventions visant à accroître les compétences socio-affectives des femmes.   Une performance environnementale préoccupante : Reconnu comme réserve mondiale de biosphère, le Grand Sud d’Haïti dispose du plus grand nombre d’aires marines protégées regorgeant de services écosystémiques indispensables à la survie de la population locale. Elles représentent une biodiversité exceptionnelle et un atout pour la recherche et l’éducation environnementale. Cependant, le pays subit des pressions qui dégradent progressivement son écosystème :
  • Les catastrophes naturelles de plus en plus récurrentes (augmentation des fréquences des cyclones et ouragan, déficits pluviométriques successifs) engendrent une baisse des sources de revenus pour les populations résidentes
  • L’urbanisation et la croissance démographique rapides dégradent fortement l’environnement
  • 119 espèces marines figurent sur la liste des espèces menacées de l’IUCN (dont le lamantin)
Les écosystèmes sont ainsi soumis à des pressions liées aux intérêts concurrents s’exprimant sur les mêmes espaces (extraction, agriculture, conservation, etc.). Ces facteurs, combinés avec la croissance démographique, ont entraîné une augmentation de l’empreinte écologique. Or, la gestion durable des ressources naturelles contribue à de nombreux objectifs sociétaux liés à la conservation de la biodiversité et au bien-être humain. Pour améliorer le bien-être de sa population, le pays devrait adopter une approche intégrée tenant aussi bien compte des facteurs environnementaux que des aspects économiques et sociaux.   Un système national d’éducation fortement dépendant des ressources extérieures et faiblement orientés vers les besoins de développement du pays et du marché national. La recherche nationale apporte peu de solutions concrètes dans les domaines de base que sont l’agriculture, la santé, la transformation des matières premières, l’énergie, les technologies modernes. Les réussites et les échecs du développement découlent pour beaucoup des réponses fournies par la recherche scientifique et leur concrétisation. L’écosystème naturel (richesses alimentaires, énergétiques, médicales...) et les savoirs locaux offrent des potentialités pour adapter, voire pour créer, certaines technologies modernes en harmonie avec la culture des peuples concernés ; et participer ainsi au progrès mondial. Le développement des connaissances se fait en vase clos. Pourtant, pour satisfaire les besoins élevés en connaissances scientifiques et techniques de base, il faut des approches novatrices et une adaptation aux contextes locaux.   Haïti peine à décoller sur le plan économique en dépit des dotations en ressources qui pourraient servir d’apports dans les PME. Les taux d’investissement y sont encore très bas. En 2018, les flux d’Investissements directs étrangers (IDE) ont diminué à 105 millions de USD contre 375 millions de USD en 2017. Bien plus, l’essentiel de ces IDE est concentré dans l’extraction des ressources naturelles plutôt que leur transformation locale. Or, la vitesse de transformation d’une économie dépend du taux d’investissement et de la qualité de ces investissements. Les technologies et innovations permettant de résorber les retards industriels et les problèmes de développement s’avèrent parfois difficiles à mettre en œuvre compte tenu des difficultés liées à l’accès aux financements de l’économie locale.  

Résumé

Le projet a pour objectif général de « contribuer à créer un environnement favorable et inclusif pour la participation de la jeunesse haïtienne dans la gouvernance publique du développement durable (DD) » tout en « contribuant à l’amélioration de l'employabilité des jeunes au travers de l’éducation non formelle, de la formation professionnelle, de l’orientation professionnelle, de l’appui à l’innovation et à l’entrepreneuriat ». Son objectif spécifique est : « La jeunesse haïtienne a la capacité de porter efficacement l’implication citoyenne et à jouer son rôle en faveur d’une croissance inclusive, durable et résiliente aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles ». Le projet entend soutenir un écosystème favorable et inclusif pour la participation à la gouvernance du DD, la formation professionnelle et l’action en Haïti dans le secteur de l’environnement et du DD, l’accessibilité sociale et financière pour des milliers de jeunes haïtiens aux dispositifs et ressources éducatives pour favoriser leur entrepreneuriat, la dotation de moyens matériels et financiers nécessaires pour le renforcement des organisations de jeunes et l’émergence de projets innovants en faveur du développement durable et adaptés et le soutien à l’éducation populaire.

Résultats attendus

  • 10 organisations de jeunes sont bénéficiaires de soutien financier aux tiers à hauteur de 100 milliers d’€ et de soutien technique (compétences, savoir-faire et expériences) .
  • 10 000 jeunes haïtiens sont formés en ligne, dont au moins 30% de femmes, aux métiers et technologies de l’environnement, les 400 meilleurs en présentiel.
  • 100 projets innovants d’auto-entrepreneuriat en faveur du DD sont soutenus financièrement et techniquement pour une valeur totale de 150 milliers d’€
  • 100 000 jeunes haïtiens participent au processus de consultation pour la mise en place d’un cadre de participation à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation des politiques publiques du DD
  • 5 médias ayant une audience jeune prioritaire sont soutenus pour diffuser des messages d’éducation populaire en faveur de la citoyenneté et du DD pour une valeur totale de 50 milliers d’€

Fiche signalétique

  • Programme

    Transformations structurelles en matière d’environnement

  • Composante

    Gestion de l’environnement

  • Type d’opération

    Projet

  • Titre

    Appui pour la participation et l’action de la jeunesse haïtienne en faveur de l’environnement et du développement durable

  • Budget

    800 000 euros

  • Pays

    Haïti

  • Date de début

    15 février 2021

  • Date de fin

    15 juin 2024

Phases

Appel à projets « Jeunesse, environnement et développement durable en Haïti»

20 mai au 30 octobre 2021

Formation sur la cartographie des organisations travaillant sur les ODD

06 au 08 juillet 2021

Etude de référence du projet

1er juillet au 30 septembre 2021