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L’objectif 6 des objectifs de développement durable (odd) pré- Désertification et dégradation
cise que chacun doit pouvoir accéder à une eau de bonne qualité. des terres
Cependant, dans la plupart des Pays En développement (PE d),
les accès à l’assainissement et à l’eau potable demeurent insuffi- La désertification et la dégradation des agro-écosystèmes
sants, malgré les améliorations observées ces dernières années. sont des facteurs aggravants, car les agents pathogènes
Ainsi, à travers le monde, environ 663 millions de personnes (bactéries, virus et protozoaires) responsables des maladies
n’ont pas accès à l’eau potable, tandis que 2,4 milliards de personnes diarrhéiques sont particulièrement sensibles aux change-
ne bénéficient pas de sanitaires décents (uNICEF/WHo, ments climatiques et hydrologiques (Hofstra, 2011 ;
2015). En 2015, on estime que dans la majorité des pays d’Afrique Boithias et al., 2016). De nombreuses régions tropicales,
sub-saharienne, moins de 50 % de la population bénéficient d’un dont les zones sèches, sont affectées par les changements
accès à de l’eau potable. dans cette même zone géographique, rapides d’usage des terres, en particulier la déforestation
environ 100 millions de personnes sont contraintes d’utiliser des ou l’extension des cultures de rente. En conjonction avec
eaux de surface non traitées, suite, par exemple, à l’assèchement les changements climatiques, ces changements d’usage
périodique des puits ou du fait des jeux de pouvoir asymétriques interagissent et augmentent le risque sanitaire pour les
entre acteurs locaux pour l’utilisation de certains points d’eau populations utilisant les ressources en eau contaminées.
(uNICEF/WHo, 2015). Ce défaut d’accès constitue un pro -
blème de santé publique majeur qui freine le développement de En effet, l’intensification des précipitations et l’augmen-
ces pays. tation de la fréquence des évènements pluviométriques
extrêmes (Taylor et al., 2017) renforcent le ruissellement
Globalement, 1,8 milliards de personnes, principalement dans à la surface des sols, souvent contaminée par les matières
les PEd, utilisent une source d’eau contaminée par des pathogènes fécales, résultant en un accroissement de la charge en
microbiens d’origine fécale (uNICEF/WHo, 2015). Cette pathogènes des eaux de crues (Rochelle-Newall et al.,
contamination est à l’origine de maladies diarrhéiques responsables 2016). De plus, les cycles de dessiccation-humectation
du décès annuel de 1,3 millions d’individus, dont une majorité favorisent la libération des bactéries d’origine fécale fixées
d’enfants de moins de 5 ans, dans les zones rurales des PEd à la surface du sol et leur transfert vers les rivières et lacs
(troeger et al., 2017). Cet immense problème sanitaire concerne (Solo-Gabriele et al., 2000). Ces cycles hydriques sont
aussi bien les zones urbaines et périurbaines, où les densités de particulièrement prononcés dans les zones où la végétation
population sont élevées, que les zones rurales, moins densément est absente et où la surface du sol est soumise à un encroû -
peuplées, mais cumulant l’essentiel de la population de certains pays. tement systématique qui la rend imperméable (cas des sols
Le phénomène actuel d’urbanisation croissante à l’échelle globale pauvres en matière organique des zones arides et déser-
fait craindre un risque majeur pour une large proportion de la tiques) (Valentin et al., 2004 ; Malam Issa et al., 2011).
population mondiale si des mesures suffisantes ne sont pas prises
pour anticiper les besoins en eau potable et en assainissement. La lumière du Soleil joue un rôle très important dans la
« stérilisation » des eaux via l’effet des radiations ultra-
violettes, souvent mortelles pour les microbes qui y sont
Crédit photo : Elodie Robert
L’utilisation mixe des points d’eaux informels en Afrique Subsaharienne est fréquente, comme ici au site de Ouazi (Lac de Bagré, Burkina Faso).
84 liaison énergie-francophonie
cise que chacun doit pouvoir accéder à une eau de bonne qualité. des terres
Cependant, dans la plupart des Pays En développement (PE d),
les accès à l’assainissement et à l’eau potable demeurent insuffi- La désertification et la dégradation des agro-écosystèmes
sants, malgré les améliorations observées ces dernières années. sont des facteurs aggravants, car les agents pathogènes
Ainsi, à travers le monde, environ 663 millions de personnes (bactéries, virus et protozoaires) responsables des maladies
n’ont pas accès à l’eau potable, tandis que 2,4 milliards de personnes diarrhéiques sont particulièrement sensibles aux change-
ne bénéficient pas de sanitaires décents (uNICEF/WHo, ments climatiques et hydrologiques (Hofstra, 2011 ;
2015). En 2015, on estime que dans la majorité des pays d’Afrique Boithias et al., 2016). De nombreuses régions tropicales,
sub-saharienne, moins de 50 % de la population bénéficient d’un dont les zones sèches, sont affectées par les changements
accès à de l’eau potable. dans cette même zone géographique, rapides d’usage des terres, en particulier la déforestation
environ 100 millions de personnes sont contraintes d’utiliser des ou l’extension des cultures de rente. En conjonction avec
eaux de surface non traitées, suite, par exemple, à l’assèchement les changements climatiques, ces changements d’usage
périodique des puits ou du fait des jeux de pouvoir asymétriques interagissent et augmentent le risque sanitaire pour les
entre acteurs locaux pour l’utilisation de certains points d’eau populations utilisant les ressources en eau contaminées.
(uNICEF/WHo, 2015). Ce défaut d’accès constitue un pro -
blème de santé publique majeur qui freine le développement de En effet, l’intensification des précipitations et l’augmen-
ces pays. tation de la fréquence des évènements pluviométriques
extrêmes (Taylor et al., 2017) renforcent le ruissellement
Globalement, 1,8 milliards de personnes, principalement dans à la surface des sols, souvent contaminée par les matières
les PEd, utilisent une source d’eau contaminée par des pathogènes fécales, résultant en un accroissement de la charge en
microbiens d’origine fécale (uNICEF/WHo, 2015). Cette pathogènes des eaux de crues (Rochelle-Newall et al.,
contamination est à l’origine de maladies diarrhéiques responsables 2016). De plus, les cycles de dessiccation-humectation
du décès annuel de 1,3 millions d’individus, dont une majorité favorisent la libération des bactéries d’origine fécale fixées
d’enfants de moins de 5 ans, dans les zones rurales des PEd à la surface du sol et leur transfert vers les rivières et lacs
(troeger et al., 2017). Cet immense problème sanitaire concerne (Solo-Gabriele et al., 2000). Ces cycles hydriques sont
aussi bien les zones urbaines et périurbaines, où les densités de particulièrement prononcés dans les zones où la végétation
population sont élevées, que les zones rurales, moins densément est absente et où la surface du sol est soumise à un encroû -
peuplées, mais cumulant l’essentiel de la population de certains pays. tement systématique qui la rend imperméable (cas des sols
Le phénomène actuel d’urbanisation croissante à l’échelle globale pauvres en matière organique des zones arides et déser-
fait craindre un risque majeur pour une large proportion de la tiques) (Valentin et al., 2004 ; Malam Issa et al., 2011).
population mondiale si des mesures suffisantes ne sont pas prises
pour anticiper les besoins en eau potable et en assainissement. La lumière du Soleil joue un rôle très important dans la
« stérilisation » des eaux via l’effet des radiations ultra-
violettes, souvent mortelles pour les microbes qui y sont
Crédit photo : Elodie Robert
L’utilisation mixe des points d’eaux informels en Afrique Subsaharienne est fréquente, comme ici au site de Ouazi (Lac de Bagré, Burkina Faso).
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