Comores : les Parcs nationaux au cœur d’un écotourisme communautaire durable
Au cœur de l’océan Indien, les Parcs nationaux de Mitsamiouli–Ndroudé, au nord de Ngazidja, et de Shisiwani, sur l’île d’Anjouan, abritent des écosystèmes marins et terrestres d’une grande richesse. Récifs coralliens, herbiers marins, mangroves, baies volcaniques et plages de ponte des tortues marines constituent à la fois un patrimoine naturel remarquable et une ressource essentielle pour les communautés riveraines.
Mais ces territoires sont confrontés à la dégradation progressive des écosystèmes, sous l’effet notamment du changement climatique, de la pollution côtière et de certaines pratiques de pêche, tandis que les possibilités d’emploi restent limitées, en particulier pour les jeunes et les femmes. Dans ce contexte, mieux structurer l’écotourisme peut contribuer à rapprocher préservation de la biodiversité, valorisation des savoir-faire locaux et création d’opportunités économiques.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit le projet « Développement d’un réseau des sites écotouristiques communautaires et innovants au Parc national Mitsamiouli–Ndroudé et au Parc national Shisiwani », porté par l’Agence des Parcs Nationaux des Comores (APNC). Mis en œuvre dans le cadre de Destination Éco-Talents (DET) de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), il vise à développer une offre écotouristique communautaire autour des deux Parcs nationaux.

Structurer une offre écotouristique autour des Parcs nationaux
Déployée d’août 2025 à février 2027, l’initiative prévoit l’aménagement et la mise en réseau de circuits associant découverte des milieux marins et étapes culturelles terrestres. Les activités comprennent notamment l’identification et la validation des parcours, le nettoyage des sites, la production de cartes touristiques et la constitution d’une banque d’images destinée à mieux faire connaître les Parcs. Des formations pratiques accompagnent cette démarche, notamment autour de l’exploration marine en palmes, masque et tuba (PMT) et du renforcement des techniques de pêche durable.

Former les communautés et valoriser les savoir-faire locaux
Le projet prévoit un programme de renforcement des capacités destiné à 210 bénéficiaires directs et à plus de 1 500 bénéficiaires indirects. Cent jeunes et femmes sont ainsi formés aux métiers d’écogardes, de guides touristiques, d’animateurs nautiques et de gestionnaires d’accueil. En parallèle, 70 femmes sont accompagnées dans la valorisation de l’artisanat, de la gastronomie locale et des produits halieutiques, tandis que 40 responsables d’associations et de coopératives sont formés à l’entrepreneuriat écotouristique.

Les témoignages recueillis sur le terrain rendent compte de cette dynamique. À Anjouan, Mme Sitti Echat Assadi, l’ancienne Maire de Mutsamudu, souligne le potentiel du projet pour créer des opportunités au bénéfice des communautés riveraines, des petits commerçants et des pêcheurs. À Mitsamiouli, Rafzati témoigne des compétences acquises en exploration marine grâce à la formation en palmes, masque et tuba, qui lui permettent désormais d’observer les richesses sous-marines et de contribuer au développement de l’écotourisme dans sa région.

Une gouvernance locale pour inscrire l’écotourisme dans la durée
La démarche repose également sur une gouvernance participative, avec la mise en place de comités de cogestion, l’élaboration d’une Charte du tourisme durable et la validation du Plan de développement écotouristique du Parc national Shisiwani le 12 février 2026. Un avenant au projet prévoit par ailleurs des infrastructures complémentaires, la promotion numérique des circuits, le suivi post-formation et l’accompagnement à la création de coopératives écotouristiques.

Biodiversité, emploi et développement local
En associant protection des écosystèmes, développement de compétences et participation des communautés, le projet cherche à faire des Parcs nationaux un levier de développement local. L’écotourisme devient ainsi un moyen de mieux valoriser les patrimoines naturels et les savoir-faire tout en ouvrant de nouvelles perspectives aux jeunes, aux femmes et aux acteurs locaux.
Cette approche rejoint les objectifs de Destination Éco-Talents : soutenir un tourisme durable capable de contribuer à la professionnalisation, à l’autonomisation économique et à la valorisation des patrimoines. Aux Comores, le réseau écotouristique porté par l’APNC entend ainsi faire de la préservation de la biodiversité une ressource durable pour les territoires et leurs habitants.
À propos du projet
Le projet est porté par l’Agence des Parcs Nationaux des Comores (APNC), avec l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) dans le cadre de Destination Éco-Talents (DET), en partenariat avec les acteurs institutionnels et locaux concernés.
Contacts
M. Fouad ABDOU RABI, Directeur général de l’Agence des Parcs nationaux des Comores (APNC).