Blogue 9 mai 2022 IFDD
Entretien avec Basile VanHavre: une nature plus durable, forte d’un nouveau cadre mondial pour la biodiversité
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Entretien avec Basile VanHavre: une nature plus durable, forte d’un nouveau cadre mondial pour la biodiversité

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Il  est responsable de la Convention sur la diversité biologique (CDB) au Canada. Il est aussi Coprésident du Groupe intersession de la CDB dédié au développement du cadre post-2020 pour la biodiversité. Il s’appelle Basile van Havre et l’IFDD s’est entretenu avec lui.

« La biodiversité se dégrade partout dans le monde, pour des raisons que l’on connaît bien maintenant, et on a besoin d’un cadre d’action multilatéral renforcé pour agir sur ces causes ». C’est dans cet esprit que Basile van Havre prépare les négociations internationales sur la biodiversité qui espère-t-il, aboutiront à l’adoption d’un cadre mondial lors de la COP 15 qui se tiendra à l’automne 2022 en Chine.

Son mandat ? Travailler avec la communauté internationale pour fixer des objectifs mesurables qui amèneront le monde à épouser une vision du « vivre en harmonie avec la nature » et à stopper la perte de biodiversité. Comment ? En promouvant auprès des ministères de l’environnement dans chacun des pays du monde l’adoption de mesures qui sauront restaurer à long terme la biodiversité. En favorisant aussi l’implication des autres acteurs de la société et la coordination avec les autres arènes de gouvernance.

« Il s’agira de s’entendre sur un ensemble d’indicateurs de performance convenus et de définir comment les progrès seront suivis et rapportés au niveau national et mondial ».

« Les cinq causes directes de la perte de biodiversité sont bien connues : le changement d’utilisation des terres et des mers, l’exploitation non durable, les changements climatiques, la pollution et les espèces exotiques envahissantes. Nous devons nous y attaquer. Et notre action doit également prendre en compte les facteurs indirects pertinents de la perte de biodiversité tels que la production et la consommation non durables. Il s’agit d’agir globalement et de manière équilibrée entre toutes ces causes si nous voulons réussir ».

L’IFDD est bien au fait des statistiques. La perte croissante de la biodiversité observée à travers le monde menace l’équilibre de la planète. A titre illustratif, 35 765 espèces végétales sont menacées d’extinction, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). 68% des animaux vertébrés sauvages ont disparu en 50 ans, précise le Fonds mondial pour la nature. Aucune région n’est épargnée, y compris les pays francophones.

« La francophonie reflète la biodiversité du monde, avec sa part de pays développés et d’autres, moins nantis. Des pays faisant face à des problématiques souvent communes, comme autrement fort différentes. Mais une considération majeure à prendre en compte dans le travail de concertation qui nous occupe aujourd’hui réside dans le fait qu’une grande partie des débats se font en anglais lors des Conférence des Nations Unies sur la biodiversité. Et c’est ici que l’action de l’IFDD prend beaucoup de son sens. L’Institut permet aux pays de franchir cette barrière linguistique, tout en créant du même souffle, et j’ai été à même de le noter personnellement, un espace de dialogue différent, où sont abordées les questions d’une manière différente. Je dis différente et c’est peut-être une question culturelle, mais je remarque du dialogue francophone qu’il est axé sur les résultats et sur les solutions. Il s’éloigne du diagnostic ou du problème, pour rechercher en priorité les solutions.

Alors je crois qu’il y a un espace positif et constructif qui est unique au domaine francophone. Et ça c’est extrêmement utile. Je pense que c’est une force de la communauté francophone.

Un autre élément intéressant : je vois dans mes négociations que certains aimeraient retourner à la vieille dynamique de l’opposition « nord-sud » des années 80. Le « global North » et le « Global South » etc., : chacun dans son camp, on envoie des flèches d’un côté et de l’autre. Par contre, la francophonie reste un moyen de garder un dialogue qui est au-delà de cette vieille typologie et l’objectif est de voir comment on peut travailler ensemble, à trouver des solutions, et non pas mettre les gens en opposition les uns aux autres.

Plus encore, l’IFDD joue un rôle multiple. C’est un facilitateur et un créateur de liens entre les différentes nations qui ont en partage la langue française. Et au fil du temps, l’IFDD a su créer les conditions qui permettent aujourd’hui des débats ouverts et de haut niveau lors des rencontres de négociations internationales ».

Devant ce constat, l’IFDD se réjouit. La perte de biodiversité mondiale est un enjeu majeur. Et au regard d’experts, son travail amène La Francophonie à la prise de décisions fortes en ces matières.

L’IFDD le rappelle, c’est résolument qu’il appuie la pleine contribution des délégués francophones aux prochaines négociations de la CdP15. Déjà en mars dernier à Genève, l’IFDD cherchait à assurer la plus grande participation des États francophones et à favoriser la défense de leurs intérêts nationaux. De même, en collaboration avec le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, l’IFDD organisait deux concertations ouvertes aux acteurs francophones, en vue de mobiliser ces derniers aux travaux et préparer leur participation aux intersessions. L’une, en ligne, avait pour objectif de décrypter le contenu du futur cadre mondial et de discuter des enjeux et attentes des négociations en cours. L’autre, en présentiel, visait à faire le point sur l’état d’avancement des négociations de Genève. L’Institut aura également mis à disposition des délégués francophones un dossier contenant plusieurs documents de référence, dont notamment un Guide des négociations et des notes de décryptage sur les sujets très techniques de l’ordre du jour. Ainsi, l’IFDD aura, ces dernières semaines, renforcé les capacités des délégués en amont et mis en place des cadres de concertation entre les délégués francophones.

« Il importe au monde de s’assurer d’un système nature efficace, productif et durable, de protéger l’eau et l’air, et de veiller à ce qu’il y ait de la nourriture sur la table pour sa population sans cesse croissante. La science nous répète qu’il faut faire évoluer nos modèles de consommation de ressources, tout comme nos modes de développement et de trouver d’autres manières de concilier augmentation du bien-être humain et respect des limites de la biosphère. Si on veut assurer un mode de vie meilleur à tous, la 15e Conférence des Nations Unies sur la biodiversité de 2022 a obligation de résultat ».

Son souhait ? « L’espoir qu’à l’issue de cette COP en Chine, non seulement les ministres applaudissent, mais j’aimerais voir des représentants d’entreprises, des représentants d’ONG, des représentants des peuples autochtones applaudir ensemble et être engagé dans la solution ».

https://capitalmarkets-bmo-com.translate.goog/en/news-insights/sustainability-leaders/sustainable-finance/post-2020-biodiversity-framework-discussion-basile-van-havre/?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc

https://www.iddri.org/fr/publications-et-evenements/billet-de-blog/prochain-arret-nairobi-point-detape-dans-la-preparation

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