Blogue 5 juillet 2023 Marcel Kodjo Klassou
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L’économie bleue : un atout vital pour les petits États insulaires en développement de la Francophonie

Marcel Kodjo Klassou

Publié par
Marcel Kodjo Klassou

Par Marcel Klassou, spécialiste de programme, IFDD


Les petits États insulaires en développement,
une priorité pour la Francophonie

Les petits États insulaires en développement (PEID) de la Francophonie sont confrontés à des défis uniques en matière de développement économique et durable. Cependant, ces pays ont également un avantage précieux : leur proximité avec les vastes étendues océaniques. C’est là que réside l’importance de l’économie bleue pour ces nations insulaires. L’économie bleue, qui englobe les activités économiques liées à l’océan et à ses ressources, offre un potentiel considérable pour stimuler la croissance, créer des emplois, promouvoir la sécurité alimentaire et encourager la durabilité environnementale.

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) compte douze États insulaires[1] parmi ses membres statutaires. À l’occasion de la Journée internationale de l’Économie bleue dans l’océan Indien, l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD), organe subsidiaire de l’OIF, souhaite mettre l’emphase sur les enjeux relatifs à l’économie bleue pour les États insulaires de l’océan Indien et ses actions en la matière. L’OIF s’est très vite positionnée sur cet enjeu dans la perspective de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

En effet c’est en 2014 que sous l’impulsion du gouvernement des Seychelles, une résolution sur la promotion du tourisme durable dans les petits États insulaires en développement a été adoptée à la XVème Sommet de la Francophonie, à Dakar au Sénégal. Consciente des enjeux relatifs à l’économie bleue pour les États insulaires, la Francophonie a adopté en 2016 lors du Sommet de la Francophonie à Madagascar, une nouvelle résolution qui appelle «les États côtiers et les petits États insulaires en développement, en lien avec les besoins particuliers des États enclavés, à utiliser la planification de l’espace maritime, un processus intégré qui rassemble les différents usagers de la mer pour échanger des informations et prendre en commun des décisions organisant une utilisation durable des ressources marines ».

Entre fragilité et opportunités, une insularité à rude épreuve

L’un des secteurs majeurs de l’Économie bleue pour les PEID est le secteur du tourisme. Selon le World Travel & Tourism Council (WTTC), la contribution du tourisme au PIB mondial était de 6,1 % en 2021. Pour certains petits États insulaires et pays en développement, le tourisme représente plus de 20% du produit intérieur brut[2]. L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) estime que ce secteur génère plus de 319 millions d’emplois dans le monde entier, soit environ un emploi sur dix dans le monde. Cela comprend des emplois directs, tels que les travailleurs des hôtels, des restaurants, des agences de voyage, des attractions touristiques et des transports, ainsi que des emplois indirects dans des secteurs tels que l’agriculture, la construction, l’industrie manufacturière et les services publics.

Avec la pandémie de la COVID-19, le secteur du tourisme a été gravement affecté, entrainant la perte d’un nombre important d’emplois. Selon l’OMT, en 2020, les arrivées internationales de touristes ont chuté de 74% par rapport à 2019, entraînant une perte estimée de 62 millions d’emplois dans le secteur du tourisme. Les recettes du secteur sont passées de 1540,70 $US en 2019 à 449,5 $US en 2020, soit une chute de 30%[i]. La COVID19 a donc eu un impact majeur sur le secteur du tourisme et plus généralement de l’économie bleue. Les petits États insulaires en développement ont été les premiers touchés par cette crise, leur économie dépendant principalement du tourisme.

Une Francophonie active qui inspire le changement

Compte tenu de leur fragilité à la fois aux pandémies et aux effets des changements climatiques, l’OIF s’est résolument engagée aux côtés des petits États insulaires de la Francophonie en réalisant des actions structurantes. Grâce au soutien financier de la Principauté de Monaco et de la France, des actions majeures ont été entreprises par l’IFDD en faveur de l’entreprenariat des jeunes dans le secteur de l’économie bleue (plus de 2000 entrepreneurs accompagnés dans leur projet entrepreneurial), le renforcement de capacités des cadres des ministères du tourisme et de l’économie bleue à l’amélioration des cadres juridiques et des documents de planification intégrant les enjeux de l’économie bleue, plus de 10.000 emplois directs (et indirects) créés (hôtellerie, agronomie, artisanat, agrotourisme, etc.), des formations en ligne (certifiantes) sur le tourisme durable et l’économie bleue ont touché près de 5542 personnes et le cofinancement de projets communautaires sur le tourisme durable avec environ plus de 20.000 bénéficiaires. La Francophonie a donc mené des actions concrètes à impact pour les populations sur l’économie bleue et va capitaliser sur ces résultats pour les faire passer à l’échelle dans le cadre de sa prochaine programmation 2024-2027. Pour y arriver, l’IFDD développera un projet phare sur le tourisme durable axé sur la valorisation des patrimoines naturels et culturels des pays, la formation aux métiers du tourisme durable, le renforcement d’un plaidoyer au bénéfice des PEID afin qu’ils puissent accéder aux financements verts/durables, les femmes et les jeunes seront le public cible prioritaire de ce projet phare avec la création d’emploi, leur autonomisation financière et la réduction de leur vulnérabilité face aux chocs climatiques. D’autres enjeux seront pris en compte, directement en lien avec la promotion d’un tourisme durable, comme l’accès à l’énergie durable, la promotion des modes de consommation et de production durables, l’accès à l’eau potable, etc. L’ensemble de ces actions seront menées avec et par les populations en s’assurant qu’elles répondent aux besoins prioritaires et les plus urgents. Un travail de renforcement de capacités des communautés, de concertation, et de consultation sera au centre de ce projet phare en accompagnant les politiques nationales et locales dans la planification et la formulation de projets pour la mobilisation de financement. L’Institut de la Francophonie pour le développement durable opère ainsi du changement avec des impacts concrets et visibles sur le terrain.

Belle célébration de la Journée internationale de l’Économie bleue dans l’océan Indien, et ensemble, continuons d’inspirer le changement pour des États insulaires plus forts et résilients.

[1] Cabo Verde, Comores, Dominique, Guinée-Bissau, Haïti, Madagascar, Maurice, République Dominicaine, Sainte-Lucie, Sao Tomé-et-Principe, Seychelles, Vanuatu
[2] https://www.un.org/fr/observances/tourism-resilience-day

[i] Rapport statistique de World Travel & Tourism Council, 2022

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