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«RECONSTRUIRE EN MIEUX»: AGRICULTURE, PERTES ET GASPILLAGE ALIMENTAIRES

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Le choc de la COVID-19 offre une occasion de se remettre en question, de repenser notre modèle économique. Le Secrétaire général de Nations Unies, Antonio Guterres, a d’ailleurs appelé les gouvernements à « reconstruire en mieux » une fois passée la crise actuelle, en créant des sociétés plus durables, résilientes et inclusives.

La réduction des pertes et du gaspillage alimentaires, intimement liée à l’ODD 2 – Faim zéro – est littéralement pris en compte par la cible 12.3 de l’ODD 12, relatif aux modes de consommation et de production durables: «D’ici à 2030, réduire de moitié à l’échelle mondiale le volume de déchets alimentaires par habitant au niveau de la distribution comme de la consommation et réduire les pertes de produits alimentaires tout au long des chaînes de production et d’approvisionnement, y compris les pertes après récolte».

Le 29 septembre dernier était la toute première journée internationale de la prise de conscience de la perte et du gaspillage alimentaires.

Selon la FAO, plus de 1,3 milliard de tonnes de nourriture serait ainsi gaspillées chaque année. «Les pertes d’après récolte peuvent atteindre jusqu’à 20% pour les céréales, 30% pour les produits laitiers et le poisson et 40% pour les fruits et les légumes». Dans la recherche d’un modèle économique qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale, tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources (économie verte), la filière agricole actuelle doit être améliorée.

D’une part, il est inconcevable qu’environ 1/3 de la production alimentaire mondiale soit gaspillée ou perdue à cause de pratiques inadéquates, alors que «le monde n’est pas en voie d’atteindre l’objectif Faim zéro d’ici à 2030, selon le plus récent rapport sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, de la FAO. «Si les tendances récentes se poursuivent, le nombre de personnes touchées par la faim dépassera les 840 millions d’ici à 2030». De surcroît, «le nombre de personnes touchées par la faim dans le monde est en lente augmentation depuis 2014», et les États réunis au Forum politique de haut niveau sur les objectifs de développement durable 2020 reconnaissent que la pandémie de COVID-19 exacerbera encore plus l’insécurité alimentaire.

En plus des impacts évidents sur la sécurité alimentaire, les pertes et le gaspillage alimentaires ont des conséquences directes sur l’économie et l’environnement. Toujours selon la FAO, les impacts économiques seraient de l’ordre de 750 milliards de dollars par an pour les producteurs, en plus de hausser significativement les coûts des aliments, aggravant d’autant l’insécurité alimentaire chez les populations vulnérables. Sur le plan environnemental, à titre d’exemple, «chaque année, la nourriture produite sans être consommée engloutit un volume d’eau équivalant au débit annuel du fleuve Volga en Russie et est responsable du rejet dans l’atmosphère de 3,3 gigatonnes de gaz à effet de serre». D’autres impacts incluent le gaspillage d’énergie et d’engrais, les frais de mise en décharge, la perte de biodiversité, ou encore la déforestation associée à l’augmentation des espaces cultivables.

GASPILLER LA NOURRITURE, C’EST AUSSI GASPILLER LES RESSOURCES NÉCESSAIRES À SA PRODUCTION

Les pertes et le gaspillage alimentaires tout au long de la filière agricole ont plusieurs causes, telle que l’exposition à des conditions climatiques défavorables, les pratiques de récolte et de manutention, ainsi que les difficultés de commercialisation. La faiblesse des prix sur le marché, l’inadéquation des prévisions de l’offre et de la demande, ou la faiblesse des infrastructures y contribuent également. Au niveau de la distribution et le vente, d’autres facteurs tels que les dommages liés au transport, les retards d’inspection aux frontières, la sursaturation du marché et certaines pratiques commerciales sont à prendre en compte.

Plusieurs pistes de solutions permettraient de réduire les pertes et le gaspillage, en plus de réduire le coût des aliments, tout au long de la filière alimentaire, par exemple, « l’amélioration des technologies et des infrastructures de manutention, de stockage et de transformation (systèmes de stockage au froid, chaînes du froid, techniques de séchage, amélioration des emballages) […]. Un autre élément important de l’infrastructure de marché est la qualité et l’efficacité globales du réseau routier et de transport national, essentiel pour acheminer les produits du producteur au consommateur à un coût raisonnable.» (FAO, 2020)

Par ailleurs, la Commission de coopération environnementale (CCE) développe depuis 2015 de vastes études, outils et initiatives de formation, accessibles ici, conçus pour aider la chaine d’approvisionnement à réduire la perte et le gaspillage d’aliments en Amérique du Nord. En plus, la CCE a lancé récemment une campagne de sensibilisation ciblant les jeunes, qui sont des acteurs clé dans la protection environnementale, intitulée «Réduisons la montagne de gaspillage alimentaire», afin de s’attaquer à ce grave problème à l’échelle de la région avec une série de vidéo et une trousse d’action, disponible ici.

Une approche d’économie circulaire tout au long de la filière permettrait certainement de réduire les pertes et le gaspillage alimentaires. L’économie circulaire, peut se définir comme un «système de production, d’échange et de consommation visant à optimiser l’utilisation des ressources à toutes les étapes du cycle de vie d’un bien ou d’un service, dans une logique circulaire, tout en réduisant l’empreinte environnementale et en contribuant au bien-être des individus et des collectivités
» (Pôle québécois de concertation sur l’économie circulaire). En matière de production et de transformation de produits agricoles, il y a certainement place à optimisation. Il faut remettre en question les «maillons de la chaîne alimentaire pour éviter les gaspillages et, quand ce n’est pas possible, à réutiliser ou recycler la nourriture», déclarait déjà en 2013 le Directeur général de la FAO.

Quelle entreprise ou secteur économique peut se permettre de jeter le tiers de sa production annuellement? Sachant que le secteur de l’agriculture et de l’alimentation est l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois dans l’espace francophone, en particulier en Afrique, il est urgent de réfléchir, dans une approche d’économie verte et circulaire, à réduire les pertes et le gaspillage alimentaires, créer des emplois locaux décents, réduire l’insécurité alimentaire, réduire les impacts environnementaux, et favoriser une répartition plus équitables des revenus.

À ce titre, l’IFDD organise, le 7 octobre prochain, le séminaire en ligne «RECONSTRUIRE EN MIEUX»: AGRICULTURE, PERTES ET GASPILLAGE ALIMENTAIRES, dont l’objectif est de discuter des opportunités offertes par l’économie verte et circulaire pour réduire les pertes et le gaspillage alimentaires, stimuler l’entrepreneuriat, et offrir aux entreprises de l’espace francophone des pistes de solutions afin de «reconstruire en mieux» leur modèle économique et s’adapter au contexte induit par la crise de la COVID-19. Tous les détails ici.