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Crédit photo : IRD
non sans conséquence sur le recul du trait de côte. L’urba - dans cet espace rural sahélo-soudanien, la tâche urbaine
nisation incontrôlée a également des conséquences sani- se signale par l’extension d’une tâche verte, liée à la plan -
taires en raison de la prolifération des décharges sauvages tation d’arbres – notamment le neem (Azadirachta indica)
(Ackermann et al., 2006). – ou d’arbustes – haies en pommiers de Sodome ( Calotropis
procera) – par les habitants. Les autorités municipales sou -
Moins connu, un troisième phénomène doit être cité : la haitent par ailleurs renforcer cette place de l’arbre dans
démultiplication des villes petites et moyennes. Le pro- l’espace urbain public pour faire, avec l’aide du gouver-
gramme Africapolis montre ainsi que le nombre des nement des Pays-Bas, de Touba une « ville verte »…
agglomérations urbaines de plus de 10 000 habitants est
passé dans les 16 états d’Afrique de l’Ouest de 125 en 1950
(avec 4 600 000 hab.) à 1281 en 2010 (regroupant près de L’ombre portée des villes :
124 000 000 d’habitants) (Denis et al., 2008, op. cit .). recompositions de l’espace rural
Un exemple spectaculaire de ce phénomène est la crois- liées au processus d’urbanisation
sance de Touba, devenue la deuxième agglomération L’urbanisation s’accompagne d’une hausse considérable
sénégalaise. Créée ex-nihilo au début des années 1970 des consommations urbaines. Pour s’en tenir aux consom -
à proximité du petit noyau urbain de Mbacké, autour mations domestiques, cela concerne la fourniture de bois,
de la construction de la grande mosquée de la confré- principale source d’énergie, et de produits alimentaires,
rie mouride, Touba compte, en effet, en 2010, plus de engendrant des changements considérables dans les agro -
530 000 habitants… Avec un résultat paradoxal, puisque écosystèmes des auréoles rurales autour des villes.
Désertification et système terre, de la (re)connaissance à l’action 77
non sans conséquence sur le recul du trait de côte. L’urba - dans cet espace rural sahélo-soudanien, la tâche urbaine
nisation incontrôlée a également des conséquences sani- se signale par l’extension d’une tâche verte, liée à la plan -
taires en raison de la prolifération des décharges sauvages tation d’arbres – notamment le neem (Azadirachta indica)
(Ackermann et al., 2006). – ou d’arbustes – haies en pommiers de Sodome ( Calotropis
procera) – par les habitants. Les autorités municipales sou -
Moins connu, un troisième phénomène doit être cité : la haitent par ailleurs renforcer cette place de l’arbre dans
démultiplication des villes petites et moyennes. Le pro- l’espace urbain public pour faire, avec l’aide du gouver-
gramme Africapolis montre ainsi que le nombre des nement des Pays-Bas, de Touba une « ville verte »…
agglomérations urbaines de plus de 10 000 habitants est
passé dans les 16 états d’Afrique de l’Ouest de 125 en 1950
(avec 4 600 000 hab.) à 1281 en 2010 (regroupant près de L’ombre portée des villes :
124 000 000 d’habitants) (Denis et al., 2008, op. cit .). recompositions de l’espace rural
Un exemple spectaculaire de ce phénomène est la crois- liées au processus d’urbanisation
sance de Touba, devenue la deuxième agglomération L’urbanisation s’accompagne d’une hausse considérable
sénégalaise. Créée ex-nihilo au début des années 1970 des consommations urbaines. Pour s’en tenir aux consom -
à proximité du petit noyau urbain de Mbacké, autour mations domestiques, cela concerne la fourniture de bois,
de la construction de la grande mosquée de la confré- principale source d’énergie, et de produits alimentaires,
rie mouride, Touba compte, en effet, en 2010, plus de engendrant des changements considérables dans les agro -
530 000 habitants… Avec un résultat paradoxal, puisque écosystèmes des auréoles rurales autour des villes.
Désertification et système terre, de la (re)connaissance à l’action 77

